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16 novembre 2020 1 16 /11 /novembre /2020 13:06

Unité du corporel et du spirituel

 

Hildegarde de Bingen fait preuve d’une curiosité insatiable pour les phénomènes naturels, et rédige des ouvrages d’une grande importance pour la pensée scientifique de son temps. On ne connaît que deux ouvrages médicaux composés en Occident au XIIe siècle, et tous deux sont d’Hildegarde. Le premier est la Physica, ouvrage en neuf livres également intitulé Livre des subtilités des créatures divines, ou encore Livre de médecine simple. Le second, plus étudié, est le Causae et curae (Causes et remèdes), également intitulé Livre de médecine composée.

Ses ouvrages médicaux se caractérisent essentiellement par une approche holistique de l’univers et du corps humain : au milieu de considérations purement physiologiques, on y trouve des leçons de vie de toute sorte qui soulignent l'importance de la dimension morale et psychologique de la santé humaine. L’interaction est incessante entre le corporel et le spirituel, entre l’humain et le théologique. Œuvre scientifique, la médecine d’Hildegarde est également une méditation, souvent très poétique, devant la nature et l’homme en son sein.

Hildegarde se livre également à des activités plus marginales, qui témoignent d’un esprit d’invention hors normes, gratuit, mais aussi d’un goût de la recherche et du travail intellectuels qui appartient pleinement au XIIe siècle – qui est aussi celui de Pierre Abélard. Elle a ainsi tenté d’élaborer une lingua ignota, langue et alphabet nouveaux qu’elle a voulu forger, peut-être avec la contribution de ses moniales.

 

Importante correspondance

 

La correspondance entretenue par Hildegarde de Bingen est d’une ampleur et d’une variété déconcertantes : papes et évêques, autorités politiques, à commencer par les empereurs – Conrad III de Hohenstaufen, Frédéric Barberousse –, hauts personnages de la vie séculière comme le comte de Flandre Philippe d’Alsace, abbés de monastères, prévôts, prêtres, simples moines, et même un certain nombre de correspondants non titrés, simples gens qui lui demandent conseils ou prières – Hildegarde a correspondu avec tous les échelons de la société de son temps, prodiguant conseils spirituels, visions, prophéties, conseils médicaux ou simples échanges d’amitié.

Autoritaire, voire menaçante, envers les empereurs, Hildegarde est pleine d’affection et de respect pour Bernard de Clairvaux qu’elle compare à l’aigle, capable de regarder en face le soleil, et adresse des lettres pleines d’encouragements à Philippe de Flandre, dont les angoisses spirituelles sont comme « l’aurore qui se lève le matin », aurore qui deviendra soleil brûlant si Philippe se laisse mener par l’action de l’Esprit… Elle se fait soutien et affection toute compréhensive pour l’une de ses contemporaines, mystique comme elle, Elisabeth de Schönau, avec laquelle elle se lie d’amitié.

On retrouve dans sa correspondance, sous des formes variées, les caractéristiques les plus marquantes de la pensée et de la vie spirituelle d’Hildegarde.

Isabelle, membre du Bureau des Antigones

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