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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 21:46

 

Congrès des herboristes

 

 à Paris 13e

 

(13-14 avril 2013)

 

 

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 Une salle bien remplie

 

Journée du dimanche

 

Le congrès des herboristes s’est tenu sur deux jours à Paris, à la Cité universitaire internationale, à l’initiative de l’Institut pour la protection de la santé naturelle, l’Ecole lyonnaise des plantes médicinales, Natura Mundi et l’Herboristerie du Palais-Royal. Comme l’a annoncé Jean-François Astier (Natura Mundi) lors de l’allocation d’ouverture, le congrès avait pour but d’échanger et de faire émerger des idées pour construire un projet pour une reconnaissance officielle du diplôme d’herboriste. Voilà bien un but atteint ! Ont pris la parole des orateurs de qualité : des experts règlementaires, des représentants de députés européens, des avocats, un représentant de la DGCCRF, des ethnobotanistes, des professeurs de faculté enseignant dans le domaine du vivant, des médecins, des pharmaciens, des naturopathes, mais surtout, surtout … des herboristes. Certains encore en activité, d’autres ayant témoigné d’années passées de pratiques quotidiennes en boutique à conseiller les clients, mélanger des plantes, vendre des produits de santé.

 

Les tables rondes ont démontré l’intérêt porté à la qualité de la matière médicale, c’est-à-dire la « drogue » ; la traçabilité, le compromis quantité-qualité, les produits importés, la vente par Internet, tous les sujets qui concernent le métier d’herboriste ont été abordés et la revendication d’un statut de l’herboristerie française était dans toutes les bouches. Malgré les difficultés, l’herboriste existe plus ou moins clandestinement, à la marge de la légalité, dans des domaines variés et étonnants : agriculture, agrochimie, diététique, phytothérapie, compléments alimentaires, homéopathie, naturopathie, médecines traditionnelles, ethnopharmacologie, soins aux animaux, écologie, et j’en oublie sûrement.

 

Ordre du jour

 

Interview de Clothilde Boisvert, ethnobotaniste, chercheur au CNRS.

 

Un ethnobotaniste se préoccupe des plantes que mange l’homme et des plantes qui soignent l’homme.

 

Clothilde Boisvert a travaillé avec Marie-Antoinette Mulot et Pierre Lieutaghi. Elle demande avec force et conviction la création d’un diplôme d’herboriste, de formation sérieuse sur plusieurs années, qui inclurait des cours de botanique, de chimie, anatomie-physiologie, et surtout des travaux  pratiques, stages sur le terrain. Il existe déjà un diplôme de phytothérapeute pour médecins, délivré à Besançon, sous l’égide du docteur Jean-Michel Morel.

 

Dans le public se lève une personne qui dit être polonaise et annonce qu’une formation universitaire d’herboriste vient d’être ouverte en Pologne, cette année.

 

Table ronde :

 

Sécuriser l’usage des plantes pour le consommateur : l’essence même du métier d’herboriste

 

Dominique Cremer - Herboriste belge

 

Cécile Decroix - Laboratoires Iphym

 

Claire Kocab - herboriste, naturopathe et enseignante à l’IFPA

 

Modérateur : Jean-François Astier

 

 

 

Mme Cremer fait un exposé sur la situation professionnelle des herboristes belges. Depuis 1997, un arrêté royal dénommé « Plantes » a statué sur la formation des herbalistes ; celle-ci est assurée par l’IFAPME (Institut de formation en alternance des petites et moyennes entreprises). Le diplôme est reconnu par l’Etat, mais il n’est pas obligatoire pour exercer. C’est un métier plutôt orienté à la vente-conseil, mais non à la thérapie. Cette formation sur deux ans est unique en Europe, à raison de deux soirées par semaine au total de 550 heures. Mme Cremer juge satisfaisante cette formation qui a pour vocation d’assurer une sécurité au client.

 

 

 

Mme Decroix est pharmacienne de formation, elle cherche elle aussi à sécuriser l’usage des plantes par le consommateur. En ce qui concerne le végétal, il n’y a pas de science exacte : la provenance des plantes est importante et la récolte également. De nombreux labels se côtoient au sujet du contrôle de qualité. A propos de l’approvisionnement, on recense :

 

_ le producteur en direct,

 

_ le négociant grossiste,

 

_ les filières bio ou labellisées,

 

_ les détaillants- pharmaciens.

 

Il faut toujours penser à la sécurisation de la filière et savoir rester humble.

 

Mme Claire Kocab témoigne en tant qu’herboriste-naturopathe. Elle a suivi la formation de l’Ecole lyonnaise puis a acheté avec son mari pharmacien une herboristerie vieille de 150 ans. Au début, elle ne vendait que 100 plantes, car elle a tout appris sur le tas. Elle parle du savoir-être de l’herboriste : l’important, c’est d’instaurer un climat de confiance avec la personne, car il est nécessaire de donner les bonnes plantes à la bonne personne. Il faut reconnaître ses limites de compétences, c’est l’essence même du métier.

 

Mme Kocab recommande dans la formation de l’herboriste un apprentissage théorique où il y a une place pour le contact avec le client, le conseil, et également une formation pratique.

 

Questions du public :

 

Le label bio ? Le label bio ne présume pas de la qualité des principes actifs d’une plante. Il y a une obligation de moyens pour la filière bio, une obligation de résultats pour la filière pharmaceutique : marier les deux est une exigence !

 

Interview de Michel Pierre, fondateur de l’Herboristerie du Palais -Royal 

 

Après quarante ans d’Herboristerie du Palais-Royal, Michel Pierre a été condamné pour exercice illégal de la médecine, mais le tribunal l’a relaxé.

 

Cependant il a envie d’être hors-la-loi, de continuer à se battre. Les clients dans sa boutique cherchent une information, un conseil, ils consomment des plantes pour leur plaisir, font attention à eux. Il faut toujours revenir à la plante en tisane !

 

Débat :

 

Les bonnes pratiques de l’herboristerie

 

Mme Elisabeth Busser, pharmacienne,

 

M. Patrice de Bonneval, herboriste, directeur de l’Ecole lyonnaise des plantes médicinales

 

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 De gauche à droite : M. De Bonneval, M. Astier, Mme Busser.

 

Mme Busser insiste sur les liaisons dangereuses : boisson --- potion --- poison.

 

 

Elle nous présente son laboratoire de préparations magistrales avec l’énumération des exigences :

 

_ traçabilité ;

 

_ stockage des plantes au frais ;

 

_ congélateurs ;

 

_ surfaces de travail désinfectées ;

 

_ bulletins de contrôle ;

 

_ prix au kilo ;

 

_ numéro de lot sur le sachet.

 

Les huiles essentielles sont en vente libre mais une formation serait requise vu le phénomène de mode. Enfin faites attention aux plantes vendues sur Internet.

 

M. Patrice de Bonneval réaffirme que la noblesse de la profession, c’est la tisane, plante + eau. Il soulève le problème des nouvelles dénominations : plus de teintures mères mais des alcoolatures ?

 

Questions du public :

 

Pourquoi des plantes au congélateur ? Pour éviter les contaminations.

 

Notion de DLUO ? Il est très difficile de dire si les plantes sont périmées ou non, d’où la nécessité des analyses.

 

Que fait-on des fonds de sac ? Une infusette est fabriquée de broyat très fin pour accélérer la rapidité de l’infusion. Mais on n’utilise pas les fonds de sac.

 

Pureté de l’eau ? L’eau maintenant est polluée, même les eaux minérales en bouteille.

 

Mais il ne faut pas se laisser gagner par la peur car celle-ci génère des maladies.

 

La Société française d’ethnopharmacologie alerte : les médecines traditionnelles sont menacées, que ce soit l’ayurvédique, la chinoise, l’africaine, etc., alors que paradoxalement 70 % de la population mondiale se soignent grâce à la médecine traditionnelle.

 

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Visite des stands

 

 Après-midi

 

Table ronde :

 

Les plantes, un patrimoine mondial à préserver

 

Jacques Vernin - Administrateur du Conservatoire national de

 

Milly-la-Forêt, gérant des laboratoires Derpha, membre du comité

 

scientifique de l’IPSN

 

» Catherine Hanras - laboratoire Oscanthe

 

» Alain Robert – pharmacien

 

 

 

 

 

M. Alain Robert déclare qu’il faut payer pour la qualité des plantes. Il est favorable à un diplôme d’herboriste à condition de garder de la rigueur. Même pour les produits bio, le contrôle est nécessaire. Il existe plusieurs conservatoires pour les plantes : conservatoire de semences à Milly-la-Forêt, ainsi qu’un jardin botanique et un catalogue de semences. A Melun, un jardin est reconstitué au pied de la Collégiale, ce sont des plantes à visée digestive. Il y en a aussi à Chemillé, en Anjou,  à Chanzot dans la Drôme. Certaines plantes ont disparu mais leurs graines sont conservées. Les plantes savent résister aux maladies, elles sécrètent elles-mêmes leurs propres systèmes de défense.

 

Le problème est : comment développer l’herboristerie et préserver le biotope ? Les cueilleurs doivent se discipliner un peu plus et les autorités contrôler de façon impartiale. Il existe une Charte des cueilleurs qui dicte la bonne conduite à tenir.

 

Questions du public

 

Que pensez-vous de la concurrence herboriste-pharmacien sur les plantes listées ?

 

En tant que pharmacien, Alain Robert est favorable à un diplôme d’herboriste sérieux, de qualité. Il n’a pas peur de la concurrence, mais au contraire il est favorable à l’utilisation des plantes de la pharmacopée.

 

Problème de l’eau : les vertus de l’eau sont-elles différentes suivant les maladies ?

 

L’eau doit être choisie la plus minéralisée possible, l’extrait sec doit être inférieur à 300 mg. Mais de toute façon, l’eau est de plus en plus polluée, en particulier par les résidus d’hormones féminines, que l’on ne sait pas traiter de nos jours.

 

Les pharmaciens sont-ils herboristes de fait ?

 

Il y a un diplôme complémentaire pour les pharmaciens et une formation continue obligatoire.

 

Les semences de plantes médicinales sont-elles toujours autorisées ; peut-on faire ses semences soi-même ?

 

L’achat des semences en conservatoire est libre, leur utilisation est libre. Un herboriste doit savoir utiliser la plante locale.

 

Conclusion

 

M. Patrice de Bonneval valorise le mélange de plantes en tisane.

 

M. Daniel Kieffer, naturopathe, souligne l’importance du diagnostic : contrairement au médecin allopathe, il s’intéresse à la partie saine de la personne. Il établit un bilan de terrain par partie irisée de l’œil et propose une correction de terrain.

 

M. Desgranges est un médecin phytothérapeute, ils sont moins de cinquante en France. Le mot « herboristerie » n’est pas interdit en France, c’est le mot « herboriste » qui est interdit ! Il recommande la prudence dans les mélanges à la vente. L’herboristerie peut être une boutique d’accueil et de conseil.

 

Questions

 

Quel est le nombre de plantes qu’un herboriste doit connaître ?

 

Un herboriste doit avoir les plantes avec lesquelles il sait travailler ; lorsque les compétences augmentent, les plantes augmentent également. Ce qu’attendent les patients, c’est de l’empathie. La santé est l’adaptation maximale à l’environnement. Il n’y a pas de remède miracle, il n’y a que de l’accompagnement.

 

Le 2e congrès des herboristes aura lieu à Lyon, les 17 et 18 mai 2014 ; le thème retenu est

 

 Sécurité = compétences + règlementation.

 

Fin de la session.

 

Claude Amour,

 

 diplômée ARH 2010 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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