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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 21:31

Notes personnelles sur le 5e Congrès

des herboristes

 les 8 et 9 avril 2017, à Angers,

organisé par la Fédération française des écoles d’herboristerie

 

Thème 2017 : L’herboristerie 2.0.

Construire l’herboristerie de demain

 

Le programme imprimé était magnifique, l’organisation impeccable, l’accueil chaleureux ; rien n’a manqué au 5e Congrès des herboristes : le menu végétarien était équilibré, et à la pause déjeuner : visites en groupes du Jardin botanique qui jouxte le centre de congrès.

Sans  oublier la projection du film de Marion Gervais : « Anaïs s’en va-t’en guerre », de 46 mn, au sujet de l’installation d’Anaïs Kerhoas, jeune productrice de plantes aromatiques et médicinales. Et encore la tisane spéciale de Yannick Bohbot, à volonté à chaque pause, originale et intense (mauve, fenouil et cosses de cacao).

La FFEH a été créée en 2014 par cinq écoles d’herboristerie : l’ARH (Association pour le renouveau de l’herboristerie), EBH (Ecole bretonne d’herboristerie), ELPM (Ecole lyonnaise des plantes médicinales), EPP (Ecole des plantes de Paris), et INDERPLAM (Institut méditerranéen de documentation, d’enseignement et de recherches sur les plantes médicinales). Elle a pour objet de faire reconnaître le métier d’herboriste en France, de définir la profession, et de garantir un enseignement de qualité commun en vue de l’homologation du diplôme d’herboriste.

Samedi 8 avril

Les conférences du samedi étaient consacrées à : « L’existant »

Première conférence : L’usage des plantes dans les civilisations anciennes, par Claire Laurant, ethnobotaniste.

Qu’est-ce qu’une civilisation ancienne ? La définition est variable selon les continents, mais on note une continuité  à travers les siècles. La tisane est la voie galénique royale, mais il y a aussi les poudres, les sirops, vins médicinaux et boissons fermentées.

Hippocrate disait : « Les plantes locales soignent les maladies locales ». C’est pourquoi ceux qui connaissent les plantes sont des passeurs et des protecteurs.

Deuxième conférence : De l’Antiquité au 18e siècle, par Lionel Hignard, auteur, écrivain.

La connaissance des plantes médicinales est venue de l’observation des animaux, qui trouvent d’eux-mêmes les plantes qui les soignent. Dès le début, la médecine des plantes est tributaire de l’astronomie et de l’astrologie. Dans le monde romain, tout le monde s’intéresse aux plantes, de l’empereur aux philosophes.

Mithridate s’immunise en mangeant du poison à petites doses : c’est la mithridatisation.

Dioscoride rédige le Materia medica, premier manuel d’utilisation des plantes. Virgile chante les plantes dans les Géorgiques, Marcellus Empiricus est le premier médecin gaulois, dont on sait encore peu de choses.

Troisième intervenante : Ida Bost, ethnobotaniste, chercheuse (thèse) : Du 18e  siècle à nos jours.

L’histoire de l’herboristerie connut un tournant majeur avec la création d’un certificat en 1803. Qui sont les herboristes au 18e siècle : des ambulants, des boutiquiers, majoritairement des femmes. Un groupe d’herboristes en 1752 va à la rencontre des médecins pour contrer les apothicaires. Ainsi en 1778, Edmé Gillot passe un examen d’herboriste et le réussit.

En 1791, la Révolution supprime les corporations, et laisse un chaos jusqu’en 1803, où la loi du 11 avril sur la pharmacie met les herboristes sous le contrôle des écoles de pharmacie. Le savoir des plantes n’était pas encadré, il n’y avait pas d’enseignement universitaire. Le certificat d’herboriste ne concerne pas les milieux modestes qui ne savent pas forcément écrire ni lire. Il existe donc des herboristes de seconde classe. Ce sont surtout des femmes, qui exercent chez elles, en rez-de-chaussée, et qui vendent de tout. Les plantes sont suspendues à des cordes (ex. : rue des Lombards).

C’est ainsi que naissent les corrélations sage-femme/herboriste, puis sorcière/avorteuse au 19e siècle.

En 1879, les pharmaciens s’attaquent aux herboristes pour supprimer le certificat ; ceux-ci créent pour résister les syndicats d’herboristes (en majorité des hommes, les femmes ne s’investissant guère), une revue, la Revue des herboristes (1934), et enfin l’Ecole nationale d’herboristerie.

Mais au 20e siècle, les syndicats s’opposent entre eux et s’affaiblissent. En 1941, c’est la suppression du certificat d’herboriste.

A partir de 1980, on assiste à un regain d’intérêt pour les herboristes : Marie-Antoinette Mulot publie « Les Secrets d’une herboriste », et on redécouvre la relation plantes/corps, et herboriste/corps.

 

Après-midi : formation, production, transformation

Table ronde à propos de la formation du métier d’herboriste

L’unification de la formation est en marche : les matières de chaque école sont énumérées : botanique, physiologie végétale, chimie organique, pharmacologie, anatomo-physiologie, aromathérapie, nutrition, alimentation, gestion commerciale et réglementation, culture et production, etc.

Les cinq piliers de la formation sont : reconnaître, récolter (cueillir), transformer, distribuer, conseiller.

Quatrième intervenant : Thierry Thévenin, paysan-herboriste, porte-parole du syndicat Simples, cofondateur de la Fédération des paysans-herboristes.

Il y a maintenant de plus en plus d’installations de paysans producteurs et récolteurs de plantes aromatiques et médicinales, et une formation continue est organisée par Simples.

Bien que la pollution soit globale au niveau mondial, même en montagne, Thierry Thévenin insiste sur la nécessité de récolter à l’écart des sources de pollution majeures. Les espèces protégées ne sont pas cueillies. On peut se renseigner auprès de l’Association française des professionnels des cueillettes de plantes sauvages.

Autre intervention : Jean Maison, distributeur, Le Comptoir d’herboristerie

La question essentielle est celle-ci : comment gérer un site ? La ressource est le point crucial, il faut transmettre au client le souci de la matière. La tisane est un terroir, toutes les régions ont des essences différentes.

La plante, source de prévention, renoue avec l’archaïsme et en même temps est dans la modernité.

Le travail de séchage, coupage, tamisage est une manutention importante et il faut adapter le travail à la destination finale. Le métier de cueilleur est très dur. Le niveau de pollution est en expansion.

Pour résister : ne pas conduire la croissance sur le dos de la plante ; travailler sur le langage et la qualité.

Les plantes au secours du vivant

Autre intervention : Olivia Tavares, Les plantes et les animaux.

Travail réalisé avec un groupe d’éleveurs de chèvres pâturant sur l’utilisation des huiles essentielles pour soigner leurs animaux des parasites qui attaquent leur système digestif : les strongles.

La chèvre choisit elle-même selon les huiles essentielles qu’on lui propose : thym à thymol, sarriette des montagnes, tanaisie, artemisia alba alba, etc.

Pour la digestion : poivre noir, coriandre, céleri ;

La respiration : épicéa, Eucalyptus radiata, pin maritime, sapin baumier ;

Le comportement : vétiver, valériane, ylang-ylang, fleur d’oranger ;

Et encore : HE de clou de girofle, thym, ail, Ravintsara, Tea-tree.

Il est nécessaire de pratiquer la rotation des prairies pour éradiquer les parasites (prairies temporaires). Les rapports avec les administrations ne sont pas faciles, il faut parler d’automédication du troupeau.

Dimanche 9 avril

« Version 2.0 » : les défis de l’herboristerie

Première intervention : Flavien Meunier, avocat, La législation actuelle et en devenir.

La législation actuelle relative aux plantes et aux métiers associés demeure imprécise, ce qui constitue une source d’insécurité juridique. Le combat porte sur les allégations thérapeutiques (exercice illégal de la médecine) ; mais depuis 2014 il existe une liste d’allégations santé (validées ou en cours).

Deuxième intervenant : Jocelyne Cambacedes, du Conservatoire botanique national des Pyrénées et de Midi-Pyrénées.

En vue de la préservation de la ressource végétale, le conservatoire travaille avec l’Association française des professionnels de la cueillette et Florès à l’inventaire des plantes sauvages présentes à tel endroit. Il existe un site de répertoire national : siflores.fcbn.fr , et une liste rouge des plantes menacées dans chaque région. Chacun peut signaler une présence ou une menace ou enrichir une connaissance.

La diversité génétique des plantes est importante et discrète, elle permet d’affronter les aléas climatiques. Il faut limiter la cueillette de façon à ce que la population s’accroisse.

Troisième intervenant : Christine Cieur, docteur en pharmacie : L’aromathérapie du 21e siècle

L’aromathérapie constitue un avenir thérapeutique. Il faut reconsidérer l’urgence écologique : la pollution est intérieure et  extérieure. Les médicaments ont des effets secondaires multiples, par exemple les statines provoquent des douleurs musculaires ; les anti-inflammatoires, des problèmes gastriques ; nous sommes sous le règne des « anti », mais le contre n’est pas toujours la meilleure solution ! Les huiles essentielles sont pour la vie (eubiotiques).

Les huiles essentielles ont plusieurs centaines de composants : leur action est bio-énergétique : les cellules sont capables de communiquer entre elles de façon électromagnétique ; pharmacologique : les doses faibles permettent à l’organisme de se reprendre en main, c’est l’effet synergique global (ce ne sont pas la qualité ou la quantité des principes actifs qui sont déterminants mais la synergie). Les huiles essentielles agissent par la diminution des sécrétions ou l’activation des sécrétions et par l’implication hormonale. Il y a des HE à activité oestrogénique : la sauge sclarée, l’angélique, le cyprès ; à activité informationnelle : endogène, les sécrétions sont stimulées ; exogène, par voie olfactive : sécrétion d’hormones, odeurs-plaisir, calme, effet clinique.

La spécificité individuelle est importante : chaque individu a un terrain propre, d’où un traitement spécifique intégré nécessaire pour restaurer l’équilibre de l’organisme ; soutenir les fonctions valides sans lutter « contre »  (par des mesures et des doses faibles).

Quatrième intervenant : Denis Bellenot, d’ITEPMAI, Les alcaloïdes dans les plantes à tisanes.

Les alcaloïdes sont des substances naturellement produites par plusieurs espèces de plantes, dont deux sortes en particulier sont toxiques et font l’objet de surveillance de la part des autorités sanitaires. Ce sont les alcaloïdes pyrrolizidiques et les alcaloïdes tropaniques.

En ce qui concerne les premiers, il y a surtout risque de consommation accidentelle par les chevaux avec les séneçons ; la toxicité vient de la transformation par le foie. En France, la présence d’alcaloïdes dans les thés et tisanes est de 16% (on trouve des séneçons dans les tisanes bio).

Trois familles de plantes concernées : les Astéracées, avec les séneçons, les ageratums ; les Borraginacées, avec l’héliotrope d’Europe, la consoude, la vipérine ; les Fabacées, avec la crotalaria.

Secundo, les alcaloïdes tropaniques que l’on trouve dans les familles suivantes : Brassicacées, Convolvulacées, Moracées, Solanacées, Erythroxylacées. La dose limite à ne pas dépasser est de 1µg/kg céréales. De fait les intoxications chez les animaux sont assez rares.

Après-midi : menaces et réflexions

Intervenant : Dr Paul Goetz, médecin phytothérapeute ; directeur du DU de phytothérapie de Paris XIII, rédacteur en chef de la revue Phytothérapie.

 La disparition du fichier des teintures-mères.

La teinture-mère est-elle la dernière arme du prescripteur ? On peut traiter le burn-out par la rhodiola ; la tachycardie par épuisement avec du jus d’argousier (Hippophae rhamnoïdes) ; la prostate avec de l’huile de pépins de courge.

Mais il faut éliminer les plantes toxiques, savoir lesquelles sont contre-indiquées avec certains médicaments. D’où le danger de l’automédication. Pour formuler un conseil thérapeutique, il faut avoir des notions de pathologie ; l’herboriste n’est pas un thérapeute.

Le complément alimentaire n’est pas un médicament. Une plante médicinale est une plante qui agit sur quelque chose de pathologique (liste Belfrit).

Il existe encore des teintures-mères, certaines sont sans intérêt (TM Eschscholzia californica), d’autres sont dangereuses (TM Hydrastis canadensis, toxique, TM Artemisia absinthium, TM Ignatia amara, TM Scutellaria, TM Gelsemium sempervirens).

Mais on peut citer : TM de topinambour, contre l’obésité (insuline) ; TM de Hierba santa, contre l’asthme (Eriodyction californica) ; TM de Magnolia est un anti-dépresseur, spasmolytique ; TM de Psydium goyava (goyave feuilles) contre les diarrhées infectieuses.

Le conseil thérapeutique est utile en partenariat avec le médecin.

Dernière intervenante : Bénédicte Bonzi, présidente de l’association InfO’GM, veille critique sur les OGM et les biotechnologies

Menaces sur le vivant, de nouveaux OGM bientôt au menu ? 

Qu’est-ce qu’un OGM ? Ce terme a été choisi par l’agro-industrie. On connaît surtout le maïs Mon810 ; mais il y a des OGM cachés : ce sont des plantes modifiées par muta-génèse, exclues du champ d’application de la directive européenne. Par exemple : 25% de tournesol, 2% de colza sont non déclarés et peuvent recevoir un herbicide.

Les nouveaux OGM : on rentre dans la cellule, on transforme le gène ; il n’y a pas de principe de précaution réclamé. Mais la transformation est irréversible sur un temps non contrôlé.

Les OGM servent à faire du profit, à contrôler les agriculteurs qui ne sont plus acteurs mais actants.

C’est un projet de société uniformisée au niveau mondial, qui affecte le comment vivre ensemble et comment s’alimenter.

Exemples : le lin, en 2009, le lin OGM est interdit en Europe, mais il est introduit par les céréales du Canada. Il n’y a pas de prise au sérieux des risques (intolérances alimentaires, allergies, etc.). Le soja, interdit en France est rentré par les ports ; il est résistant aux herbicides.

Sachons que toutes les semences hybrides ne sont pas faites pour se reproduire.

Conclusion

Michel Pierre : la création de la fédération est importante. Le syndicat Synaplantes défend les herboristeries de comptoir. Il ne faut pas avoir peur, mais avoir envie de faire un métier qui nous plaît. Les herboristes peuvent faire du conseil en santé, et la tisane individualisée est notre symbole.

Le nouveau métier sera de haut niveau, fondé sur la connaissance et la professionnalité !

 

 

 

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 21:20

Je me rendrai au 5e Congrès des herboristes, à Angers. Je partirai le vendredi 7 en début d'après-midi, le trajet de la Nièvre à Angers en voiture passe par Nevers et Bourges.

Je peux faire du covoiturage.

 

 
 
 
 
le 5e Congrès des Herboristes, c'est bientôt !
 
 
Le 5e Congrès des Herboristes approche,
et fera la part belle aux producteurs et aux problématiques
liées aux cultures.
 
 Zoom sur 3 intervenants hors du commun.
 
 
 
Samedi 8 avril, 16h30 :
Alexandre Bain : "Les plantes qui soignent les plantes"
 
 
Alexandre Bain n'est pas fils de vigneron mais se passionne très tôt pour la vigne au sein de la ferme familiale. Dès ses 18 ans, il découvre dans la mouvance du lycée viticole de Beaune le courant nature, et est immédiatement conquis. Son domaine est alors créé en 2007. Aujourd'hui il est établi à Tracy-sur-Loire sur 11 hectares, certifiés en agriculture biologique et biodynamique.*
Les vins blancs naturels de Alexandre Bain, composés de Sauvignon, sont garantis sans désherbants, sans produits synthétiques, sont ramassés à la main, vignifiés et élevés sans produits œnologiques ni sulfites ajoutés à Tracy-sur-Loire. Or Alexandre Bain a perdu son appellation pouilly-fumé. Et le vigneron le regrette ! Il l'a d'ailleurs écrit noir sur blanc sur ses étiquettes. Il y a ajouté que sa passion était aussi garantie, ainsi que son exigence et son honnêteté.
 
Voilà un homme qui livre un combat pour un vin authentique, qui ne transige pas avec la qualité, et qui a choisi de préserver son environnement.
Il nous parlera des plantes qui soignent les plantes, et notamment de sa tisane d'écorces d'osier, et de bien d'autres choses samedi 8 avril à 16h30.
 *source : www.petitescaves.com / crédit photo : Domaine Alexandre Bain
 
 
 
Dimanche 9 avril, 12h30 :
Anaïs Kerhoas "Anaïs s'en va-t-en guerre"
Prix de la Compétiton Documentaire - Le Réél en Vue, Thionville 2014
 
 
Anaïs Kerhoas présentera le film documentaire de Marion Gervais "Anaïs s'en va-t-en guerre"  dimanche 9 avril à 12h30, film qui raconte ses débuts de jeune productrice.
Cette jeune femme qui rêve de vivre de sa passion pour les plantes aromatiques et médicinales vit seule dans sa petite maison de Bretagne : elle se bat avec la météo, avec le tracteur en panne, avec l'administration…
Ce film touchant plonge dans le quotidien de cette productrice opiniâtre et déterminée qui va au bout de son rêve.
 
Anaïs répondra après la projection du film à toutes vos questions, un échange qui s'annonce à coup sûr passionnant !
crédit photo : ©Quark Productions
 
 
 
Dimanche 9 avril, 15h15 :
Bénédicte Bonzi : "Des nouveaux OGM bientôt au menu ?"
 
 
Bénédicte Bonzi, présidente de l'association Inf'OGM, nous apprendra ce que sont ces "nouveaux OGM" qui veulent cacher leur nom, dimanche 9 avril à 15h15.
"Édition de gène", NBT pour "New Breeding Techniques", Crispr/Cas9 ou mutagénèse dirigée… mais que sont ces nouvelles techniques ?
Ces nouvelles techniques de sélection - traduction française de NBT - sont en réalité des outils de laboratoire pour modifier génétiquement des plantes, des animaux ou des embryons humains. Il s'agit d'intervenir de façon non naturelle, en laboratoire, sur I'ADN de ces organismes vivants pour leur conférer de nouvelles propriétés.
 
L'industrie espère passer sous silence le caractère "OGM" des produits modifiés avec l'une ou l'autre de ces nombreuses techniques de peur de devoir en évaluer les risques et les étiqueter.
Mais quelle maîtrise en avons-nous vraiment ?
Qu'en pensent les agriculteurs biologiques ?
Et vous, qu'en pensez vous ?
Rendez-vous dimanche 9 avril à 15h15.
 
 
Les 3 interventions de ces orateurs s'annoncent passionnantes :
 
Pourquoi ne pas bénéficier d'une appellation d'origine contrôlée quand on produit un vin naturel de qualité, un vrai vin de terroir, référencé dans douze des plus grands restaurants du monde ?
 
Pourquoi est-ce si difficile pour un(e) jeune producteur(trice) de plantes aromatiques et médicinales de "faire sa place", alors que la demande en plantes est en augmentation constante ?
 
Comment résister aux pressions des industries agro-chimiques, et comment évaluer les risques sanitaires et environnementaux de ces nouveaux produits ?
 
Nous aurons à coup sûr des éléments de réponses…
au 5e Congrès des Herboristes 2017.
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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 19:00

De 10 h à 18 h,

salle des fêtes de Luzy (58)

Séances découverte 30 mn : 10 € la séance, 15 € les deux, 20 € les trois.

Accueil : Herboristerie - Tisanerie,  Claude Amour

Séances découverte :

Hypnothérapie : Denise Bonnard

Polarité et Shiatsu : Colette Clayeux

Réflexologie cranio-faciale : Cathy Berthier

Trame thérapeutique et psychothérapies brèves : Patricia Cougny

Thérapie cranio-sacrale dynamique : Doris Huber-Huber

Massage intuitif : Caroline Maisonneuve.

Causeries autour de nos pratiques

Espace de présentation, d'échanges tout au long de la journée

Espace enfants.

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 18:49

Troisième édition des Séances de l'Echelle, à la salle des fêtes de Luzy.

Nous y serons avec des boissons maison, kombucha, frénette, sève de bouleau fraîche, macérations, et tisanes bien sûr! Et des gâteaux sucrés salés pour attendre entre deux séances thérapeutiques.

 

Le programme suit.

 

 

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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 18:30
L'association Simplement est née!

 

L'association Simplement a pour vocation de transmettre la connaissance traditionnelle des herbes communes dans notre région, autrefois appelées

les simples.

Les plantes sont notre aliment et notre santé. Elles peuvent aussi être notre poison, et demandent beaucoup de patience pour se faire connaître. On peut toutefois utiliser, en toute autonomie, quelques plantes médicinales de notre jardin ou de notre territoire qui aident à conserver, voire recouvrer une bonne santé. Cette approche est un des piliers du nouveau concept d'"écomédecine".

 

L'association Simplement propose de divulguer ce savoir-faire par des ateliers saisonniers, par l'organisation de sorties botaniques avec un guide botaniste, en participant avec un stand aux fêtes locales et aux salons ayant le même contexte.

 

Points d'ancrage : chez Claude Amour, la Tierce, au bourg, 58170 Tazilly, 06-84-20-63-66.

Chez Ann van der Straaten, les Champs de la place, 58370 Villapourçon.

Adhésion : 15 €; donne droit au demi-tarif pour tous les événements et produits de Simplement.

 

 

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 21:31
Attentives, les élèves du matin

Attentives, les élèves du matin

Les femmes et la botanique

 

 

La journée botanique du 30 juin s'est déroulée sous un soleil éclatant; les femmes sont-elles réellement plus intéressées par le végétal que les hommes?  
Toujours est-il qu'il y avait une dizaine de femmes ce matin-là pour écouter Beate présenter le cours sur quelques familles : les Lamiacées, les Apiacées, les Astéracées, les Rosacées.
A l'aide de symboles Montessori, nous avons redécouvert l'intérieur d'une fleur, les caractéristiques de la famille, les clés de détermination. L'androcée, c'est la partie masculine de la fleur : anthère+filet : étamine; le gynécée : style + stigmate : pistil, ovaire, soit la partie féminine de la fleur.
 
Au centre de la table trône l'angélique que Beate a amenée de son jardin, qui se plaît au soleil et en terrain humide; Beate nous fait goûter les tiges d'angélique confites qu'elle confectionne, délicieuses! Toute la plante se mange, dit Anne, et les graines aussi en tisane!

 

Après les efforts de mémoire, dégustation de boissons diverses : kombucha, sève de bouleau fermentée, jus de pomme bio; puis cake aux orties et cookies aux algues, avec quelques tiges d'angélique confites.

 

A 14 heures, les curistes de Saint-Honoré-les-Bains nous rejoignent pour le petit parcours de travaux pratiques où il faut retrouver les familles des plantes étudiées le matin, les points de similitude, les différences, les espèces et les variétés, etc.

 

Finalement, pour le plus grand plaisir de toutes, nous décidons de clore la journée par un rafraîchissement bien mérité à la terrasse du café!

 

 

 

 

La mauve, emblème de l'ARH-IFH

La mauve, emblème de l'ARH-IFH

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 22:18

 

 

 

QU’EST-CE QU’UN HERBORISTE ?

 

L’herboriste représente un des plus vieux métiers de l’humanité.  

 

CHRONOLOGIE

 

L’herboristerie, la médecine par les plantes, ou encore la phytothérapie, est la plus ancienne médecine humaine, les plantes médicinales ayant été employées depuis la nuit des temps.

 

Dès les origines, l’homme a su puiser dans le monde végétal qui l’entourait des aliments, des remèdes et sans doute aussi des poisons. On estime par exemple que l’homme du paléolithique consommait environ 10 000 espèces animales et végétales différentes. Il existe une longue période, depuis plusieurs dizaines de milliers d’années jusqu’à moins 4 000 ans environ, au cours de laquelle le savoir se constitue peu à peu. C’est par empirisme que se forge un savoir considérable.

 

 Apparaît dans cette période un personnage chargé de collecter les observations, de conserver les échantillons, et de soigner, de ce fait souvent considéré comme en relation avec le monde invisible voire sacré : l’homme-médecine, appelé aussi chamane, guérisseur, sorcier. Dans le nord de l’actuel Irak, on a retrouvé une sépulture collective de Néanderthaliens, parmi lesquels Shanidar IV, décédé il y a environ 60 000 ans, qui fut inhumé avec 7 espèces végétales possédant des propriétés pharmacologiques. Ce traitement de faveur par rapport aux autres personnes inhumées indique qu’il était un personnage important et peut-être un guérisseur.

 

Pour nos ancêtres, la  nature était à la fois hostile et bénéfique : les plantes toxiques étaient la manifestation d’esprits mauvais, tandis que les médicinales étaient l’expression d’une entité bienfaisante. La relation plante-remède-pouvoir est manifeste dès les toutes premières sources écrites de l’Antiquité, où le religieux voire les dieux, le médecin ou l’herboriste sont le plus souvent confondus.

 

Les plus anciens écrits mésopotamiens, égyptiens, indiens, chinois remontent à moins 3000, moins 4 000 ans avant l’époque actuelle. C’est dans le delta du Tibre et de l’Euphrate dans l’actuel Irak, région qui fait la jonction entre l’Asie et l’Europe, que l’on trouve les plus anciens documents écrits pouvant mentionner les plantes médicinales. Les tablettes sumériennes de Nippur (2100 av. JC.) et  le Code d’Hammourabi (1700 av. JC) font référence à une pratique médicale essentiellement religieuse et magique. Les prêtres-médecins  emploient des plantes pour la fabrication de remèdes comme l’aloès, la grande aunée, le grenadier, l’oliban, la moutarde, l’acore, le fenouil, la rose, ou le chanvre indien ; mais ce sont d’abord les dieux et les démons qui donnent la santé ou la maladie. C’est le roi médecin Hammourabi (1730-1685 av. JC) qui est à l’origine du premier code de responsabilité civile et pénale des médecins.

 

En Inde, les Vedas (1500-1000 av. JC) sont les plus anciens textes sacrés ; ils mentionnent l’usage médicinal et alimentaire de plus de 250 plantes. Les pratiques herboristiques mêlent intimement religion, magie et thérapeutique. La conception de la médecine âyurvédique reconnaît la nécessaire interaction entre le macrocosme (univers) et le microcosme (homme). Des correspondances sont décrites entre les éléments (terre, eau, feu, air) et les différentes parties (solide, liquide, calorique) de l’être humain.  Les Perses, les Grecs et les Arabes nous lègueront des éléments de la médecine végétale indienne, notamment de nombreuses épices.

 

La médecine chinoise au système très élaboré nous est parvenue par le Pen-T’sao (2900 av. JC), œuvre de l’empereur Shen Nong, qui serait le plus vieux livre sur les plantes médicinales. Il décrit des substances d’une incontestable valeur thérapeutique (cannelle, ginseng, réglisse, ginkgo biloba…).  Dans la pharmacopée chinoise             ancestrale, les drogues sont classées selon leur couleur et leur degré de chaleur (notion que l’on retrouve dans la classification hippocratique des drogues en Occident), ainsi que par leur forme, leur saveur, leur habitat privilégié.

 

L’Egypte nous a légué un savoir colossal ; le texte le plus ancien et le mieux connu, le papyrus découvert par l’égyptologue Ebers et qui porte son nom, fut écrit à Thèbes en 1600 av JC. Il contient de nombreuses incantations religieuses car à cette époque la maladie est intégrée dans une conception métaphysique qui gouverne toutes les activités humaines, de la naissance à la mort. Avec d’autres papyrus médicaux, ils reflètent l’idée d’une médecine assez préventive qui donne pour source des maladies les excès alimentaires, les vers, des éléments et des souffles nuisibles et des démons. Les remèdes sont des purgatifs, des émétiques et des lavements, mais les formes sont déjà très diverses : pilules, suppositoires, cataplasmes, tisanes, onguents, emplâtres, collyres… Les plantes utilisées étaient notamment l’absinthe, l’ail, l’oignon, le cumin, le séné, le lin, la myrrhe, la menthe, la jusquiame, le pavot. Cette médecine sera considérée comme l’une des meilleures de l’Antiquité. Elle influencera énormément la médecine hébraïque, laquelle s’intéressera tout particulièrement aux résines à parfum (myrrhe, encens, baumier, etc.) ainsi qu’aux aromates comme le fenouil, l’anis ou le carvi.

 

La médecine gréco-romaine est, grâce aux Perses, l’héritière de la médecine égyptienne, mésopotamienne, et indienne. Avec Hippocrate (Ve siècle av. JC), commence la médecine scientifique. Celui que l’on appelle parfois « le père de la médecine » établit une science distincte, un métier à part entière, et rejette les croyances et les superstitions qui expliquaient, jusqu’alors, l’origine des maladies. Il fait valoir que les maladies ne sont pas une punition infligée par les dieux mais plutôt la conséquence de causes naturelles : facteurs environnementaux, alimentation et habitudes de vie. L’approche thérapeutique était fondée sur le pouvoir guérisseur de la nature, et sur l’importance de la diététique pour corriger les déséquilibres des humeurs. Son Corpus hippocraticum, premier code de déontologie du médecin, fait état de 230 plantes médicinales, dont comme nouvelles ressources : le chou, le melon, le persil, l’asperge, le céleri, le myrte, le chêne, la mercuriale, la belladonne, etc. Le serment d’Hippocrate est encore prêté au moment de la soutenance de thèse des jeunes médecins.

 

 Un siècle plus tard, Théophraste propose la première tentative de classification des plantes. Dans son Histoire des plantes, il décrit un grand nombre d’espèces grecques ou étrangères, en donnant leurs usages. Théophraste est le plus grand botaniste de l’Antiquité, il fut la référence scientifique en Europe jusqu’à la Renaissance. C’est également lui, le premier, qui énonce la théorie des signatures, théorie qui suppose que l’action thérapeutique d’une plante ou d’une drogue est marquée par un signal visible, organoleptique, symbolique qui désigne, par la loi de similitude, l’organe malade, défaillant, ou la maladie à atteindre (par exemple, une plante velue sera supposée faire repousser les cheveux).

 

Au Ier siècle après JC, un médecin grec installé à Rome, Dioscoride, décrit dans son œuvre fameuse, De Materia medica, la préparation et les propriétés de plus de 1 000 substances naturelles, les falsifications possibles ainsi que leurs indications. Remarquablement illustré, c’est le premier véritable traité de pharmacognosie.

 

Une autre grande figure médicale romaine fut Galien (120-200 ap. JC), qui dominera la pensée médicale jusqu’à la Renaissance. Il codifia les préparations des médicaments, à tel point qu’on parle toujours de galénique pour parler de l’art de la préparation pharmaceutique. C’est lui qui élabora la célèbre Thériaque, à base de plus de cent composants dont l’opium, pour soulager les souffrances de Marc-Aurèle.

 

La médecine gauloise, malheureusement, est assez peu connue, mais il est très probable que les connaissances médicinales furent importantes. C’est une caste particulière de druides, les Eubages, qui était spécialisée dans la médecine et chargée de cueillir le gui du chêne. Par ailleurs,  Dioscoride nous apprend que les Gaulois utilisaient et même exportaient vers Rome la verveine officinale, la primevère, la jusquiame noire, la sauge, et la résine du mélèze. Un autre médecin gallo-romain liste plus de 150 plantes traditionnellement utilisées en Gaule, parmi lesquelles la bétoine, l’armoise, la chélidoine, la petite centaurée, le plantain, le serpolet, le tussilage, le raifort, la mauve, le chou, la menthe, la coriandre, l’ache.

 

La médecine arabo-musulmane trouve ses bases dans la théorie des humeurs de Galien. Ces humeurs étant antagonistes, l’art du médecin est de rétablir l’équilibre, en les combinant à des degrés divers pour chaque cas particulier. C’est aussi l’apparition de la diététique au sens moderne du terme, avec des systèmes complexes ; par conséquent, la médecine se diversifie et les remèdes sont quasiment personnalisés.  Cette médecine sera le refuge des connaissances antiques pendant la période qui a suivi l’effondrement de l’empire romain, marquée par un véritable recul culturel en Occident.

 

Avicenne en est le plus célèbre représentant, l’un des plus grands médecins et génies de l’humanité. Il est l’auteur du fameux Canon de la médecine, synthèse des doctrines d’Hippocrate, d’Aristote et de Galien, mais aussi des meilleurs médecins indiens, perses, grecs et arabes. C’est un précieux traité où près de 800 remèdes sont décrits, avec des recettes de sirops, poudres et élixirs. C’est lui qui apporte la méthode de distillation en Occident et qui énonce la notion de totum pour la plante, notion qui part du principe que le tout est supérieur à la somme de ses parties. Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages de mathématique, astronomie, zoologie, géographie, minéralogie.

 

Au Moyen Age, dans un premier temps, le clergé va mettre la main sur la médecine savante ; la bataille avec les corporations médicales laïques durera de nombreux siècles et les « sorciers » et « sorcières », individus non organisés, en seront les victimes. Les monastères sont alors dépositaires de nombreuses traditions et de secrets concernant les plantes médicinales. Mais il existe deux importants foyers de recherche, de diffusion et d’enseignement de la médecine en Europe chrétienne. Ce sont l’Ecole de Salerne, au sud de Naples, et l’Ecole de Montpellier.

 

L’Ecole de Salerne va produire les premiers véritables codex, références de tout le continent pendant six cents ans (avec pas moins de 300 éditions successives). La sauge Salvia officinalis doit son actuelle renommée à l’école de Salerne ; son nom latin l’indique : salvia = sauver. On utilise les moutardes Brassica et Sinapis, pour provoquer les larmes et purger la tête ; l’ortie Urtica dioica, contre les coliques et les rhumatismes ; l’hysope officinale pour toutes les maladies respiratoires, le cresson pour nettoyer les plaies, mais aussi pour calmer les douleurs dentaires.

 

L’Ecole de Montpellier fut fondée au XIIe siècle par des érudits juifs et arabes ; elle est au départ un lieu extrêmement ouvert à toutes les cultures et toutes les religions, mais cette liberté sera brève : dès 1220, une bulle papale contrôle et consacre l’école de Montpellier un tant qu’université de médecine patentée à former et surtout à diplômer des médecins.

 

Ailleurs, à Paris, Saint Louis réglemente la médecine et donne un statut aux médecins et aux apothicaires en 1258. Il y a dès le début du XIIIe siècle des dizaines, voire des centaines de médecins à Montpellier, Paris ou Avignon. La préparation et la délivrance des remèdes sont réservées aux épiciers-apothicaires, tandis que les herbiers ne peuvent vendre que des plantes locales, mélangées ou non. Les corporations médicales essaient en vain de discréditer les herbiers et les divers guérisseurs, et de diaboliser les charlatans. C’est la grande époque des bûchers et de la chasse aux sorcières qui ne s’achèvera guère qu’au milieu du XVIIe siècle.

 

La fin du XVe siècle est marquée par deux événements considérables : l’invention de l’imprimerie, qui favorise la diffusion des documents ; les pharmacopées sont parmi les premières à être imprimées ; et la découverte du Nouveau Monde, et des produits exotiques comme la coca, le quinquina qui sauvera du paludisme, le jalap, le cacaoyer, le tabac, l’ipéca, le caoutchouc, etc. Le médecin suisse Paracelse veut symboliser le renouveau de la médecine en brûlant publiquement les livres de Galien et d’Avicenne. Pour lui, la seule vraie médecine doit être fondée sur l’expérience. Il introduit la notion de principe actif et de dosage comme fondement de l’action de la plante : « Tout est toxique, rien n’est toxique, tout est question de dose ». Cependant, il réhabilitera largement la théorie des signatures : « Tout ce que la nature crée, elle le forme à l’image de ce qu’elle entend y cacher ». Rechercher des similitudes, c’est donc découvrir des propriétés.

 

Au XVIIIe siècle, la santé publique devient affaire d’Etat, et on parle dorénavant de salubrité publique. Les herboristes sont une profession non constituée en corps et donc fragilisée de tous côtés. En 1777, la création du Collège de pharmacie consacre l’autonomie et le monopole définitifs des apothicaires pour la préparation et la délivrance des remèdes.

 

Avec la révolution industrielle, au XIXe siècle, apparaissent de nouvelles maladies : la tuberculose, des maladies mentales ; les professions de santé sont réorganisées et le monopole pharmaceutique est réaffirmé, en 1803 ; les colporteurs et les herboristes ambulants sont évincés. En 1854, un décret distingue les herboristes de 1re classe qui ont obtenu un diplôme national dans une école supérieure de pharmacie, et les herboristes de 2de classe qui ont obtenu leur diplôme dans une école préparatoire de pharmacie et qui ne pourront exercer que dans le département où ils ont étudié. La profession d’herboriste est désormais encadrée et enseignée scientifiquement. Les étudiants suivent des cours de botanique, chimie, physique, anatomie, physiologie, physiologie, phytothérapie, diététique, botanique médicale, jurisprudence herboristique et déontologie du métier d’herboriste.

 

En 1916, une loi exigera une seule capacité professionnelle, celle de la première classe. Les herboristes sont considérés par le public comme des « conseillers paramédicaux ». En 1927, est fondée à Paris l’Ecole nationale d’herboristerie, située rue du Temple. Plusieurs lois ensuite essaient de fixer un statut : en 1930, pour les assurances sociales, les herboristes sont compétents pour exécuter au même titre que les pharmaciens les ordonnances que leur présentent les assurés sociaux. En 1936, une loi sur le colportage en pharmacie-herboristerie reconnaît que « les herboristes peuvent vendre librement au poids médicinal les plantes mélangées ou non, dans un but médicinal ».

 

Malgré cela, en 1941, le gouvernement de Vichy supprime le diplôme d’herboriste et donne le monopole absolu de la vente des plantes à la corporation des pharmaciens. Cette loi n’a pas été abrogée après la Libération. Elle condamne à la disparition progressive la profession d’herboriste au fur et à mesure que ses représentants mourront (ils étaient environ 4 500).

 

 

 

L’HERBORISTERIE FRANÇAISE NE VEUT PAS MOURIR

 

A la fin des années 1960, le retour vers les plantes médicinales touche une diversité et un nombre grandissant de personnes en France et dans le monde. Plusieurs écoles voient le jour pour tenter de sauver l’enseignement de l’herboristerie et de faire réhabiliter la profession : l’Association pour le renouveau de l’herboristerie en 1982, l’Ecole lyonnaise des plantes médicinales en 1983, l’Ecole des plantes de Paris en 1985, etc. Plusieurs propositions de loi sont déposées tendant à rétablir un diplôme d’herboriste, en 1978, en 1980, 1986, 1993, en vain. En 1990, la loi Evin dérembourse les préparations magistrales à base de plantes ; ainsi le consommateur est réorienté vers les produits des laboratoires pharmaceutiques ou homéopathiques, ou même vers les compléments alimentaires de l’industrie diététique.

 

Car l’engouement pour les plantes médicinales ne cesse de se développer et attise les convoitises des industriels et distributeurs de l’agro-alimentaire, des cosmétiques et de la parapharmacie.

 

Au XXIe siècle, avec la mode actuelle pour l’écologie et les remèdes naturels, les plantes médicinales intéressent de plus en plus le public. La vogue du retour à la nature et des croyances selon lesquelles tout ce qui est naturel est forcément bon ont conduit à une profusion de littérature alléchante, mais très souvent incomplète, sur les plantes médicinales. Certains livres et articles de presse induisent fortement l’automédication avec tous les risques que cela peut comporter. Ce marché représente environ 1 milliard d’euros chaque année rien que dans notre pays. La vieille querelle des apothicaires et des épiciers a pris une tournure industrielle et planétaire, en marge de laquelle les herboristes moribonds et les néo-herboristes « illégitimes » ont bien du mal à se faire entendre.

 

Dans notre pays, la délivrance au public des plantes médicinales ou aromatiques est aujourd’hui segmentée en deux marchés légaux :

 

Le secteur médicinal revient en exclusivité aux pharmaciens via le monopole de la quasi-totalité des espèces et du droit exclusif de donner des indications thérapeutiques ; il y aurait même une sorte de suprématie avec le laboratoire Arkopharma.

 

Le secteur des compléments alimentaires, qui revient petit à petit à l’industrie agro-alimentaire et la grande distribution via le système normatif d’autorisation de mise sur le marché.

 

MAIS AUJOURD’HUI QU’EN EST-IL DANS D’AUTRES PAYS ?

 

En Allemagne, 90 % des gens prennent un remède naturel à un moment ou à un autre de leur vie. La phytothérapie y est officiellement reconnue depuis la loi sur les médicaments du 1er janvier 1978. Les médecins ont une formation initiale et utilisent des spécialités qui sont nombreuses et bien formulées. Il existe aussi depuis 1939 un diplôme de heilpratiker, dont la formation s’apparente à ce qu’on appelle chez nous des naturopathes.

 

En Italie, il existe un diplôme d’herboristerie reconnu par l’Etat créé en 1931. En 1996, ce diplôme s’est transformé en un diplôme universitaire qui s’obtient après trois années d’études de technique agricole ou en faculté de pharmacie. Ce diplôme donne le droit de cultiver, cueillir, préparer, conditionner et ouvrir une Erboristeria pour vendre des plantes médicinales, sans toutefois pouvoir afficher d’allégations thérapeutiques. La vente des plantes pour une utilisation médicinale est réservée aux pharmaciens.

 

Au Royaume-Uni, au contraire, l’herboriste et le médecin ne peuvent faire qu’un. Il existe des formations reconnues, dont les programmes sont à la croisée de la médecine et de l’herboristerie au sens où elle était entendue en France.

 

Aux Pays-Bas, une loi de 1993 permet à quiconque d’exercer la médecine. Certains actes cependant sont réservés aux médecins.

 

En Espagne, il n’existe pas de diplôme d’herboriste officiellement reconnu, mais des boutiques nommées herbodieteticas se chargent de la commercialisation hors des pharmacies, selon des normes voisines peu ou prou des règles européennes. Les herboristerias proposent  parfois jusqu’à 300 plantes, mais leur capacité de vente est peu à peu accaparée par la pharmacie.

 

En Suisse, la profession d’herboriste n’existe pas à proprement parler. Les droguistes-herboristes tiennent des magasins où sont délivrés certains médicaments en vente libre, les produits de ménage domestiques, les cosmétiques et les plantes médicinales autorisées. Pour une plante ou une préparation de plantes alimentaire, il est interdit d’indiquer ses éventuelles propriétés thérapeutiques.

 

Aux Etats-Unis, la phytothérapie de pratique médicale est presque inexistante, mais on observe un regain d’attention.

 

Au Canada, la phytothérapie connaît un succès certain. Il existe de nombreuses écoles délivrant un diplôme d’herboriste.  En 2005, un sondage a montré que 71 % des habitants ont eu recours au moins une fois à la médecine complémentaire et prenaient régulièrement des produits de santé naturels.

 

En Chine, après avoir été longtemps étouffée, la médecine ancestrale revient au premier plan. Deux filières officielles de formation coexistent, toutes deux donnant droit à un diplôme équivalent de docteur en médecine, occidentale et traditionnelle. C’est le seul modèle mondial et il est tout à fait exemplaire. Plus de 7000 espèces de plantes médicinales sont utilisées couramment, dont 6000 répertoriées dans la Pharmacopée chinoise.

 

Cette médecine traditionnelle est très présente également en Inde : c’est l’ayurvêda, système de pensée complet, qui utilise plus de 3000 espèces végétales. En Afrique, en Asie, et en Amérique latine, différents pays font appel à la médecine traditionnelle pour répondre à certains de leurs besoins de santé primaire, avec beaucoup de pertinence (par exemple, au Guatemala, où les guérisseurs et tradipraticiens exercent en parallèle à la médecine occidentale, en raison des mauvais moyens de communication et aussi en raison de la résistance de la culture maya proprement dite).

 

 En Afrique, jusqu’à 80% de la population ont recours aux sorciers, guérisseurs et détenteurs variés de savoirs ancestraux sur la matière médicale.

 

Nous voyons donc comment le savoir des herboristes perdure de nos jours à travers l’échange des cultures sur tous les continents. La mondialisation des pharmacopées diverses nous apporte encore de nombreuses plantes aux vertus in-considérées par la médecine moderne occidentale.

 

QUEL AVENIR POUR L’HERBORISTERIE ?

 

De tous temps et dans tous les pays, la matière première principale de la pharmacopée est restée végétale. Ce sont les rhizotomes grecs (littéralement les coupeurs de racines), les herbarii romains, les eubages gaulois, les herbiers, herbalistes, herbolistes du Moyen Age, les sorciers, et les sorcières de toujours, les colporteurs, les droguistes itinérants qui ont transmis oralement et enrichi de toutes manières possibles leurs savoirs au fil des millénaires, savoirs qui constituent la matière médicale de base dont sont issus toutes les médecines, anciennes ou modernes.

 

Toute la phytothérapie est fondée sur la tradition. Qu’on l’appelle médecine traditionnelle ou phytothérapie, même dans les pays occidentaux industrialisés, les chiffres indiquent que plus de 50 % de la population ont eu recours aux médecines complémentaires.  Il est urgent de recenser tous ces savoirs qui peuvent être d’importance capitale pour la santé. C’est pourquoi, depuis quelques années, s’est constituée une science nouvelle, l’ethnopharmacologie. Il est toujours étonnant de constater que le savoir « vernaculaire » (c’est-à-dire propre à un pays ou à une culture) est rarement pris en défaut dans ses indications et ses résultats.

 

De multiples enquêtes ethnobotaniques revalorisent les savoirs des herboristes (Lieutaghi, Renaux, Crosnier, Musset, Couplan, etc.). Pierre Lieutaghi, en 1986, dans son livre célèbre, L’Herbe qui renouvelle, montre que la majorité de ses informations a été fournie par les personnes de tranches d’âge supérieures à 60 ans. Mais une génération plus tard, ils auront disparu. Récemment, deux pharmaciens, Christian et Elisabeth Busser, ont effectué des enquêtes chez l’habitant sur la médecine populaire des Vosges, publiées sous le titre : Les Plantes des Vosges, médecine et traditions populaires, en 2005.

 

Cependant, selon la loi L659 du Code de la santé publique, l’exercice de l’herboristerie est réservé aux pharmaciens titulaires d’un diplôme de faculté et aux derniers diplômés d’herboristerie qui ont pu continuer à exercer. Un diplôme universitaire de phytothérapie réservé aux médecins, pharmaciens et vétérinaires est délivré par la faculté de médecine Paris-XIII.

 

Mais de petits producteurs-cueilleurs fleurissent un peu partout, vendent des plantes médicinales au détail au public et revendiquent le sauvetage et la diffusion des savoirs populaires médicinaux. En 1982, est créé le syndicat SIMPLES, Syndicat intermassif pour la production et l’économie des simples, qui regroupe aujourd’hui environ 100 producteurs de toute la France.

 

Il existe par ailleurs des stages permettant d’apprendre l’herboristerie à défaut d’exercer la profession d’herboriste : voir,

 

L’Association pour le renouveau de l’herboristerie (www.arh-herboristerie.org), L’Ecole lyonnaise de plantes médicinales, L’Ecole des plantes à Paris ; l’Imderplam, à Candillargues, près de Montpellier, et aussi l’Ecole européenne d’herboristerie.

 

Une proposition a été déposée récemment au Parlement par le sénateur Jean-Luc Fichet pour réclamer la création d’un diplôme d’herboriste, elle est actuellement à l’étude. Il est soutenu par l’Association pour le renouveau de l’herboristerie qui demande depuis trente ans la reconnaissance de la profession d’herboriste en France et la création d’un diplôme européen de phytologue-herboriste. Vous pouvez signer la pétition en ligne sur le site de l’ARH. Des informations sur la proposition de loi sont disponibles sur le site du Sénat :

 

http://www.senat.fr/leg/ppl10-750.html

 

Enfin, de nouveaux magasins font leur apparition qui vendent les 140 plantes autorisées par la loi du 22 août 2008, ainsi que des huiles essentielles, des épices, des thés et des compléments alimentaires de type vitamines et minéraux, comme certains magasins de parapharmacie.

 

En guise de conclusion, rendons hommage aux innombrables générations d’herboristes anonymes, femmes et hommes du peuple dont l’histoire écrite n’a pas ou si peu rendu l’immense importance.

 

Claude Amour

 

Diplômée ARH 2010, promotion Chicorée

 

 

 

Bibliographie

 

Enseignement à distance de l’Association pour le renouveau de l’herboristerie, cours de 2e année, Herboristerie pratique, cahier n°1, par Thierry Thévenin, producteur-herboriste ;

 

Traité pratique de phytothérapie, docteur Jean-Michel Morel, 2008.

 

Plantes médicinales des Mayas Kiché du Guatemala, Jean-Pierre Nicolas, Ibis Press, 1999.

 

Documents internet variés.

 

Signer la pétition en ligne pour le rétablissement du métier d’herboriste sur le site de l’ARH :

Le site de l'Association pour le renouveau de l'herboristerie

 

www.arh.herboristerie.org

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Cadeau De La Terre

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