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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 21:27

Que l'Institut pour la protection de la santé naturelle me pardonne, j'ai fait un copié-collé de l'interview de Michel Pierre, à l'occasion de la publication de son nouveau livre, Les Plantes du bien-être, aux éditions du Chêne. Il n'y a pas meilleurs arguments pour la création du diplôme que nous attendons tous et la reconnaissance d'un métier, celui d'herboriste!

 

 

La parole est aux herboristes !




Michel Pierre est herboriste depuis plus de 50 ans. Sa boutique, l’Herboristerie du Palais Royal résiste encore et toujours à l’interdiction qui est faite aux herboristes d’exercer depuis la suppression du diplôme en 1941. Mais les temps ont bien changé et le vent tourne. Car malgré une condamnation récente par le tribunal correctionnel de Paris, il sait que de meilleurs jours attendent l’herboristerie. La preuve en est que son livre Les plantes du bien être, publié au mois de mars 2014 aux éditions du Chêne, est déjà un succès en librairie.

1/ IPSN : Que retenez vous du procès qui vous a condamné simplement parce que vous tenez une herboristerie ?

Au-delà de l’injustice que représente cette procédure, qui vient me punir après plus de 50 ans de métier sans incidents, sans plainte de qui que ce soit et sans que jamais la clientèle ne faiblisse, je reconnais avoir eu de la chance : pour moi les autorités ont attendu tout ce temps. J’ai vu tous mes camarades se faire attaquer et condamner. Pas un n’y a échappé. C’était mon tour !

Mais la condamnation ne change rien. Pourquoi changerais-je ma façon de faire alors qu’elle apporte satisfaction au public depuis toujours ? La vérité, c’est que la législation est mal faite. Il n’y a pas de place au plan juridique pour les herboristes, alors que l’attente du public est forte. L’herboristerie appartient théoriquement au monopole pharmaceutique, mais même les pharmaciens ne peuvent pas exercer ce métier : ils ne sont pas formés pour et ils n’ont pas le droit de s’inscrire à l’ordre des pharmaciens en tant qu’herboristes. Cherchez l'erreur… Personnellement, je travaille pour ma part avec une pharmacienne dûment diplômée. Ce qui ne m’a même pas évité la condamnation…

Ce qu’il faut retenir, c’est le soutien du public. Lui est prêt à voir changer les choses. Les autorités finiront bien par suivre le mouvement. Et faire avancer le débat, c’est aussi un devoir citoyen. Nous devons continuer à nous battre jusqu’au bout pour que cette situation intenable change. Un diplôme d'herboriste doit voir le jour !

2/ IPSN : Les écoles d’herboristerie font le plein depuis un certain nombre d’années et le public se passionne pour la médecine par les plantes. Il y a donc une relève ?

Une relève ? Quelle relève ? Il y a des passionnés oui. L’engouement que suscite le congrès des herboristes ou la fête des simples (1) en sont des preuves. Le flot continu de clients dans les différentes herboristeries en France, y compris de médecins et de pharmaciens, en est une autre.

Mais il n’y a pas de relève. Il ne peut pas y en avoir. Tant que nous n’aurons pas de diplôme, nous n’aurons pas de garantie pour ceux qui veulent exercer ce métier. Il y a des gens qui ont des connaissances sur les plantes. Mais qui souhaiterait ouvrir une boutique en risquant, tout au long de sa vie professionnelle, de passer devant les tribunaux comme un délinquant simplement parce qu’il fait bien son métier ?

3/ IPSN : En attendant que nous obtenions ce fameux diplôme, que conseillez-vous à ceux qui voudraient s’installer ?

Il y aurait eu peut être un coup à jouer pour les magasins de diététique s’ils s’étaient positionnés autrement. Mais ils ont raté le coche. Ce qui fait l’herboriste, c’est son amour des plantes, sa capacité à les reconnaître au premier coup d’œil, à les conseiller selon ce qu’il connaît de leurs vertus et de ce qu’en dit la tradition. C’est celui qui est prêt à affronter les stocks de plantes en vrac, les fournisseurs et leurs cahiers des charges. Aujourd’hui, c’est aussi celui qui connaît les compléments alimentaires par le biais desquels on peut vendre davantage de plantes. C’est enfin celui qui connaît la législation et qui a de bons avocats. Vous voulez être herboriste ? Mon conseil est simple : provisionnez pour les procès et les tracasseries administratives. Pour le reste, allez-y, le monde est à vous !

Congrès des herboristes : 17 et 18 mai 2014

Le congrès des herboristes a lieu cette année à Lyon, au parc de la Tête d’or, les 17 et 18 mai prochains. Il est ouvert à tous professionnels et au grand public. L’objectif est de réunir tous les passionnés des plantes et de débattre sur l’avenir d’un métier qui doit retrouver toute sa place dans la société.

Vous trouverez le programme ici.

Vous pouvez vous inscrire ici.

Pour les professionnels, il est possible de tenir un stand à l’occasion du congrès. Une salle dédiée est spécialement prévue pour l’exposition des stands. Pour plus d’information contactez nous à l’adresse mail suivante : adelivois@ipsn.eu

Enfin, nous cherchons encore deux ou trois bénévoles pour tenir l’accueil ou le bar à tisanes. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez (contact@ipsn.eu), vous aussi, être acteur du congrès !

Bien à vous,

Augustin de Livois
Président de l'Institut pour la protection de la santé naturelle

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 22:49

 

Le Musée de la médecine maya

et le Centre de développement de la médecine maya

 

 

 Du Guatemala au Mexique, à travers les montagnes, nous avions décidé de nous arrêter à San Cristobal de las Casas, au Chiapas, par curiosité d'abord, pour voir la ville du célèbre "sous-commandant Marcos", pour humer les restes de l'Armée zapatiste de libération, et aussi pour découvrir le Musée de la médecine maya qui était répertorié dans notre guide du Routard.  

 

Avant de passer la frontière, nous avons été arrêtés à un poste de douaniers particuliers, où nous avons déclaré les fruits et légumes que nous emportions dans le véhicule. C'est la "quarantaine" totale pour le café en grains, la goyave, l'orange locale et la poire ; la quarantaine partiale pour une soixantaine d'autres fruits, parmi lesquels je reconnais la mandarine, la pomme, le pomelos, le citron, l'abricot, la cerise, la nectarine, la grenade, le raisin, des tas de fruits que je ne connais pas. Cette précaution est imposée par un fléau, la mouche de Méditerranée, qui contamine les plantations d'Amérique centrale. Ce sont les voyageurs qui propagent cette mouche et les deux pays essaient de protéger le plus possible leurs produits respectifs.

 

San Cristobal, longue ville blanche, s'étend dans une cuvette à 2400 m d'altitude; un découpage rectiligne rend le parcours facile à pied, le long des anciennes villas coloniales et demeures aristocratiques des Espagnols, patios lumineux, arborés et fleuris. Les touristes se pressent, nombreux et de toutes nationalités, serrés de près par les vendeurs de rue et chalands de tout poil. Nous sommes harcelés, le mot est gentil, du matin à la nuit par les enfants, femmes et hommes, vieillards qui proposent de l'artisanat à des prix qui sont de véritables provocations. Toujours refuser, s'éloigner, ne pas regarder, ne pas toucher,ou sinon diviser par deux au moins les prix, par trois pourquoi pas, jusqu'à épuisement. Au bout de deux jours, nous avons craqué et nous sommes partis. 

 

 

IMGP4938

Le Centre de développement de la médecine maya

 

 

Nous avons auparavant visité le Musée, au bout de la ville et du marché. Ce petit centre abrite un jardin botanique, c'est-à-dire un conservatoire  des plantes utilisées couramment par les herboristes, sages-femmes et guérisseurs mayas.

 

IMGP4943

 

 

Depuis vingt-cinq ans, l'Organisation de médecins indigènes de l'Etat du Chiapas (OMIECH) travaille à la récupération, à la défense, au développement systématique de la médecine indigène traditionnelle dans le Chiapas. Ses représentants sont au nombre de cinq :


le "chamane" (pulsador) "peut s'ouvrir un passage vers le monde invisible, l'affronter pour secourir l'âme du malade, perdue et prisonnière. Il réalise son diagnostic au moyen du pouls. Tout se sait par le sang".

El rezador de los cerros (prêtre des montagnes) : il invoque l'esprit de la terre aux quatre points cardinaux, pour qu'il donne aux hommes la nourriture, et qu'il écarte les problèmes et les maladies.


La sage-femme (partera) : elle assiste la femme à l'accouchement, connaît les remèdes de plantes contre les problèmes post-partem, les hémorragies, pour l'allaitement; elle surveille également le rétablissement de l'accouchée.

 

IMGP4941


Figuration d'un accouchement traditionnel

 

Le rebouteux (huesero) s'occupe des problèmes des os, remet les fractures et soigne les maux du squelette. Il chasse la maladie du corps et soigne avec les herbes, les prières.

 

L'herboriste (hierbero) récolte dans les montagnes les plantes médicinales. Selon les maladies, il utilise différentes sortes de plantes : froides ou chaudes, faibles ou fortes, pour les enfants ou les femmes, à court terme ou long terme... Il sait quand utiliser toute la plante ou une partie de celle-ci. Il connaît les plantes toxiques. L'herboriste a en mémoire tous les secrets des plantes.

 

Le Musée valorise aussi la protection des espèces animales, et l'utilisation des minéraux (ambre, jade, soufre, cendre, pétrole brut, eau, obsidienne, etc.) comme protection et renforcement de la personne.

 

Ainsi les plantes de la sage-femme seront par exemple l'hibiscus (Hibiscus uncinellus, DC), qui arrête les saignements après l'accouchement, le liquidambar (Liquidambar styraciflua, L.), pour nettoyer, le plantain (Plantago australis ssp. hirtella (HBK) Rahn), pour favoriser la montée de lait.

 

Le Musée possède une boutique de produits tirés du jardin ou des montagnes environnantes (sirops, gélules, tisanes, baumes, élixirs), et reçoit les malades tous les jours en consultations traditionnelles. Il divulgue la médecine maya à la fois pour les touristes et étrangers mais aussi en direction des indigènes pour lutter contre l'expansion de la médecine occidentale et transmettre les savoirs ancestraux des peuples mayas.

 

Publications :


Plantas medicinales mayas, n°2, décembre 2012;

 

http://blogdelassociationma.blogspot.fr/

 

Herbolaria mexicana, guias practicas, n°5.

 

Claude Amour

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 15:40

L'EAU DE BOULEAU, CURE DE PRINTEMPS


 

LE BOULEAU (Betula alba)

 

Cet aperçu est destiné à faire connaissance avec le bouleau, arbre de lumière, et en particulier de sa sève, véritable eau de jouvence.

Le bouleau fait partie de la famille des Bétulacées avec notamment les aulnes, les noisetiers et les charmes.

C'est un arbre des pays froids et tempérés à écorce blanche et à bois blanc.

Autre bouleau, Betula pubescens, vit principalement dans les lieux plus humides (landes, fagnes, etc. ...).

En Belgique et en France, le bouleau le plus commun est le Betula alba L. (syn B. verrucosa, Ehrh., bouleau blanc, bouleau verruqueux, bouleau commun) mais on rencontre également le Betula pubescens, Ehrh ou d'autres espèces (B. papyrifera, etc.).

Le bouleau commun, bouleau blanc, « arbre néphrétique » en raison de ses vertus diurétiques, arbre de la sagesse (employé par les shamans sibériens), sceptre des maîtres d'école (les maîtres d'école utilisaient les baguettes destinées aux élèves récalcitrant) , bois à balais, boule, etc.

La croissance du bouleau est rapide, ils ne vivent pas plus d'une centaine d'années, c'est l'arbre de la jeunesse, alors que le sapin peut atteindre 700 ans.  Seulement, outre sa légèreté, son élégance, la beauté de son écorce blanc argenté, de plus en plus vers la cime, le bouleau possède des qualités que lui reconnaissent toutes les traditions: c'est essentiellement un arbre de lumière.

 

De plus, ils s’adaptent très bien aux sols les plus pauvres à la sécheresse ou à l'humidité extrême.  C’est donc les plus rustique de tous les feuillus et les seuls arbres indigènes du Grand Nord, jusqu'au Groenland et en Islande.

Exigeant en lumière, le bouleau résiste très bien au froid, et s’il a une préférence pour les terrains légers et meubles, il pousse bien sur les sols acides les plus pauvres, dans les terrains sablonneux ou rocheux.  Il se ressème de lui même sur les terres dénudées qu'il envahit.

Le bouleau est un arbre d'une grande souplesse écologique, capable aussi bien d'exercer une action pionnière sur des déblais de carrières que de côtoyer le chêne en forêt mixte ou d'accompagner l'aulne en milieu humide.

Il se retrouve dans différents stades de la formation de la forêt.

 

HISTOIRE

 

Le nom bouleau, Betula, vient du mot Betul qui est le nom qu'avaient donné les Celtes à cet arbre.  Il est associé au dieu Thunar et représente le retour du printemps.

Le mot bouleau (Berk-Birke) provient du nom de la déesse celte Bhirg qui a donné Birke en allemand, Berk en flamand, Birch en anglais, mais aussi Brigitte et son symbolisme de la chandeleur.

Le mot bouleau est à l'origine de plusieurs noms de localités (Bioul, Bioule, Berck, Boulay), de noms propres Bellay, Boulou, Boulay), de noms communs (bétyle) et surtout de dénominations analogues (boulot, boulotter,  ...)

Si, dans l'Asie du nord, l'arbre cosmique est le plus souvent le sapin, le bouleau est par excellence l'arbre sacré des populations sibériennes chez lesquelles il assume toutes les fonctions d’axe du monde qui est synonyme de l'arbre du monde.

Lors des cérémonies d'initiation chamanique, il est planté au centre de la yourte circulaire et aboutit au trou du sommet qui figure la porte du ciel ou du soleil, par laquelle on sort du cosmos dans l'axe de l'étoile polaire. Arbre sacré en Europe orientale et en Asie centrale, il symbolise en Russie particulièrement, le printemps.

Dans le monde celtique, on n'a aucune indication nette sur le symbolisme du bouleau, mais il était très probablement funéraire, préparant le défunt à une vie nouvelle.

Toutefois il apparaît dans « l'alphabet des arbres », le calendrier sacré des Celtes, où il préside le premier mois de l'année solaire (du 24 décembre au 21 janvier).

Le bouleau a donc un rapport avec la renaissance du soleil.  Bien que généralement consacré à la lune, sa peau délicate évoquant l'éclat argenté de la pleine lune, il l'est parfois au soleil et à la lune, mais dans ce cas il est double, mâle et femelle, père et mère.

Le bouleau symbolise la voie par où descend l'énergie du ciel et par où remonte l'aspiration humaine vers le haut.

Lors de la fête qui célèbre la remontée de la lumière, notre Chandeleur, le bouleau est particulièrement à l'honneur en la personne de sainte Brigitte, ancienne divinité celtique de la renaissance du feu et de la végétation, la propre fille de Dagda, le dieu suprême vénéré par les druides irlandais.

Pline croyait que le bouleau était originaire de la Gaule et dans chacune de ses utilisations dans cette contrée il était étroitement lié à la vie humaine, comme symbole tutélaire à la vie comme à la mort. (par ex: dans la conception de torches nuptiales, regardée comme porte bonheur le jour des noces ; il fournit aux magistrats des faisceaux redoutés de tous).

 

La sève ou eau de bouleau

La sève est un liquide très clair, voire même incolore, semblable à l'eau à l'état frais, fade, légèrement sucré, qui à cause du lévulose (= fructose) qu'elle contient, polarise la lumière à gauche.  Après quelques jours de repos la sève se trouble par apparition de maléate de calcium et de phosphate calcique provoqué par la fermentation et les modifications biochimiques qu'elle subit.

Son état ne reste donc pas stable très longtemps et de plus à cause du sucre qu'elle contient, elle fermente et devient acidulée.

 

Ascension de la sève

Le premier stade du processus est le passage de l'eau du sol dans la plante.

La différence de pression hydrostatique entre deux points est donc un des facteurs déterminant la direction de la propulsion de la sève d'un endroit à potentiel élevé à un endroit à potentiel plus bas, d'une région plus active à une région moins active, il existe une différence de potentiel électrique entre le sommet de l'arbre et le sol.  L'osmose est alors amplifiée par un micro courant électrique, ce qui contribue à accélérer la montée de sève.

 

Récolte de la sève de bouleau

La sève se récolte au printemps, au moment de sa montée et avant l'ouverture des bourgeons, en forant un trou de faible diamètre dans le tronc (sur une profondeur de  5 à 8 cm) et en y insérant un tuyau.

Après le prélèvement, le trou se rebouche à l'aide d'une cheville de bois de même diamètre pris dans une branche de l'arbre.

Il est également possible d'obtenir de la sève en sciant une branche, mais ce procédé est plus violent.  Si cette méthode est choisie, il faut attacher des bocaux aux branches mêmes, sous l'entaille.

La montée de la sève est brutale et violente.  D'un jour à l'autre, d'une branche sciée peut s'échapper un véritable jet de sève.  Cette récolte n'épuise pas l'arbre.

 

 

 

Conservation de la sève de bouleau

La première façon consiste à stabiliser la sève avec de l'alcool pour obtenir un titre de 12°.

 On peut également la pasteuriser comme pour les jus de fruits mais cela nécessite l'intervention de la chaleur, ce qui provoquerait certaines dégradations et s’avère moins bon thérapeutiquement.

D'autres méthodes comme l'addition de clous de girofle permettent d'empêcher la fermentation.

La congélation de la sève fraîche permet son utilisation tout au long de l'année, mais change son état physique et l'état chimique des minéraux. 

La fermentation permet d'obtenir un vin de bouleau analogue au champagne.

L'adjonction de conservant chimiques est également employée mais déconseillée.

 

Constituants de la sève de bouleau

La sève est un liquide légèrement sucré (0,5 à 2% de sucre) qui renferme deux hétérosides: le bétuloside et le monotropitoside qui, selon Tétau, libère par hydrolyse enzymatique du salicylate de méthyle, analgésique, anti-­inflammatoire et diurétique.

Elle renferme également du mucilage et des sels minéraux.

On constate la présence d'hormones végétales, tel l’acide absissique (ABA), sous forme estérifiée dans les bourgeons dormants et dans la sève, ainsi que des cytokines.

Dix-sept acides aminés libres ont été observés dans la sève, parmi lesquels figure l'acide glutamique.

La composition en oligo-éléments dépend de la nature géologique du sous-sol.  Il est donc intéressant de récolter la sève sur des terrains riches en minéraux.

 

Activités thérapeutiques de la sève de bouleau.

La sève est un merveilleux « élixir de printemps », diurétique et dépuratif. 

C'est la « cure de printemps » qui élimine les toxines accumulées pendant l'hiver.

En effet, la sève est un remarquable draineur de l'organisme : elle active la diurèse et l'élimination des déchets organiques: acide unique, urée, cholestérol.  Selon Tétau, cette action urolytique marquée constate une chute de 50% après une cure de 3 mois.  Elle est également vermifuge, détersive et anti-­lithiasique.

La sève exercerait une action très efficace en cas de maladies de peau qui traduisent souvent des manifestations de troubles du système excréteur.

Et selon les notes historiques de Fournier la sève de bouleau en usage externe aurait une action réelle ou supposée sur la pousse des cheveux.  On l'a également trouvée avantageuse dans les maladies de reins, de la vessie et de la vésicule biliaire.

Autrefois, elle était utilisée pour combattre la jaunisse et son usage a été préconisé contre la gale et le scorbut.

L’ingestion de sève de bouleau fermentée entraîne une stimulation de l'immunité comme le montre l'augmentation des immunoglobulines.

En conclusion, il a été constaté que les préparations du bouleau ont comme principaux effets thérapeutiques:

- L'activation de la diurèse et l'élimination des déchets organiques comme l'acide urique et le cholestérol.

- C'est un remède précieux dans les infections rhumatismales.

- Il peut servir aussi en usage externe pour les maladies de la peau.

- De hautes doses de sève présentent une action anti-­inflammatoire.

- La sève de bouleau est également employée pour les brûlures.

 

Micha


 

La sève de bouleau

La sève de bouleau est un excellent draineur, une bonne réponse aux problèmes articulaires et un fortifiant du système osseux. Il en sera question plus en détail dans ce reportage, mais nous n’aborderons pas pour autant ce suc sous un unique aspect thérapeutique : sa consommation relève d’une pratique ancestrale qui a fait ces preuves empiriquement, et c’est sous le signe d’un lien à la nature profond que Jean Pierre Gayral a choisi de la faire redécouvrir.

27 mars : belle journée sur la vallée de Champoléon, à proximité de Gap, dans les hautes Alpes. A la nuance près que cette formule toute faite se révèle bien insuffisante pour décrire la joie que procurent la vision des sommets toujours enneigés en ce printemps naissant, la beauté des arbres qui s’apprêtent à verdir, la douceur de l’air qui déjà tiédit. La matinée s’annonce sympa, le casse-croûte probablement en plein air et l’événement de ce premier semestre ne sera ni l’élection présidentielle, ni la Coupe du monde de football mais bel et bien le retour des beaux jours, cette année encore.
Et cette année encore la sève se répand massivement dans les arbres, principalement dans le bouleau qui nous concerne aujourd’hui… Massivement étant bien le terme approprié, puisqu’il en monte, tenez-vous bien, plus de 200 litres par jour dans un arbre de quarante ans ! Cette sève est le liquide nourricier des bourgeons et des jeunes pousses de l’arbre, elle monte sous l’effet de la différence de potentiel électrique entre ciel et terre, et ce pendant un mois.
Un mois à raison de 200 litres par jour, c’est donc plus de 6000 litres de sève qui viendront nourrir un seul arbre. Lequel ne croulera pas pourtant sous le poids du liquide accumulé, rassurez-vous : une bonne partie s’évapore, bien sûr.

La pratique qui consiste à prélever ce liquide est ancestrale. Des écrits relatent qu’elle existait déjà il y a trois mille ans chez les populations nordiques, lapones, slaves, scandinaves... Il suffit de perforer l’arbre après l’écorce et l’aubier, soit un trou de 3 cm de profondeur pour 8 mm de diamètre. Une petite canule guide le liquide au goutte à goutte jusqu’au récipient qui le recueille, et le tour est joué. Un principe similaire à celui qui permet d’obtenir de la sève d’érable, dont on tire le sirop tant apprécié.

Toute personne soucieuse de nature et de respect de la vie se demande bien entendu si le prélèvement de la sève ne nuit pas à la santé de l’arbre, ou tout au moins à la bonne croissance des bourgeons et jeunes pousses. La réponse est naturellement non, lorsque le travail est fait correctement. Jean-Pierre Gayral soutire 5 litres de sève par arbre et par jour pendant une quinzaine, avant de passer à un autre tronc. Soit, pour les statisticiens, environ 2,5 % de la production de l’arbre sur la période concernée. Le trou est soigneusement refermé et l’arbre continue à bien se porter.

Le premier lieu de récolte pour la petite entreprise se situe sur les terres de Lucien Hugues, qui a lui-même planté ces bouleaux il y a une quarantaine d’années. Ce sont des arbres que l’on a toujours identifiés comme étant de la variété Betula alba. Jusqu’au moment où un botaniste a fait savoir qu’il s’agit en fait de Betula pendula. Toute vérité scientifique serait donc caduque ? La tradition, elle, subsiste.

De très bons rapports unissent Lucien et Jean-Pierre, qui concrétisent le bon esprit de voisinage qui doit prévaloir pour ce type d’exploitation. C’est également le cas avec la commune de Champoléon, qui met à disposition de l’entreprise les arbres de la forêt communale à 1350 mètres d’altitude, un peu au-dessus des terres de Lucien Hugues. Les bouleaux ont ici poussé au milieu des sapins dans un très joli petit bois, à proximité d’un cours d’eau. L’occasion pour Jean-Pierre et ses équipiers Flore et Roger de se rendre utiles à la commune en nettoyant les alentours que de bien peu respectueux promeneurs salissent à l’occasion de pique-niques.
Et cette sève, comment est-elle ? Translucide, fraîche et agréable. On dirait l’eau la plus pure, impression qui se confirmerait en bouche si une très légère trace de douceur ne venait révéler les 0,4 % de sucre que contient le liquide. On mentionnait tout à l’heure le sirop d’érable, il est tout aussi possible de tirer un tel sirop du bouleau. Mais le faible taux de sucre que renferme la sève rend son exploitation peu rentable. Par contre, il existe un bien agréable "champagne de bouleau" que l’on obtient après avoir rajouté du sucre et laissé fermenté, selon une recette traditionnelle.

Cette fermentation n’est bien entendu pas souhaitable lorsqu’on cherche à profiter des atouts santé du bouleau, ce qui explique le recours à la pasteurisation qui est effectué avant l’embouteillage chez les Gayral. Non sans avoir adjoint auparavant un autre produit local, du jus d’argousier, qui permet d’acidifier une sève légèrement basique à l’origine, et du jus de pomme, afin de la rendre plus parfumée.

Le produit ainsi obtenu peut donc être consommé toute l’année. Son action est remarquable en cas d’arthrite, d’arthrose ou de tout rhumatisme goutteux, puisque la sève permet notamment d’éliminer l’acide urique. Elle donne de bons résultats également en cas de lithiase rénale ou biliaire (calculs), une abondante littérature en atteste. Quant à ses capacités dépuratives, elles se rendent utiles à chaque changement de saison ou en cas de régime minceur, mais également par l’assainissement de la peau que procure la sève.
Il s’agit là toutefois d’une vision bien morcelée de son utilité, que l’on peut voir autrement : il se trouve que la sève de bouleau contient beaucoup de silice, un oligo-élément rare dont le rôle concernant le maintien de la vie semble universel et quasi mystique. Rudolf Steiner voyait la silice comme le "transistor de la vie". Peu importe ce que chacun peut mettre derrière une telle expression. Les populations qui consomment la sève de bouleau depuis des siècles ressentent certainement le lien profond à la nature, pour ne pas dire au cosmos, qu’établit la consommation de sève de bouleau.

Mais place à des réalités plus terriennes : le casse-croûte fut bien consommé en plein air. Un vrai de vrai, avec côtes du Ventoux, jambon et terrine Rostain, fromage des Alpes...

Le printemps, c’est vraiment bien. Et le pâté, c’est vraiment bon… Surtout en excès ! Attitude bien peu responsable, certes, mais c’est la joie qui l’emporte... Et puis nous repartirons avec une bouteille pleine de sève de bouleau. Fraîchement recueillie. Pure, vibrante, bienfaisante.

De quoi éliminer les toxines...

La cure de sève de bouleau

Un demi-verre le matin pendant quinze jours.

De manière régulière en cas de besoin

Garanties

AB, avec mention Nature et Progrès.
Radio activité : suite à mesures effectuées par la CRII-RAD, non détectée.

 

La lotion capillaire


L’usage de la sève de bouleau sur les cheveux relève lui aussi d’une utilisation traditionnelle.

Cette lotion convient à tous types de cheveux et ne se rince pas. Son action est bénéfique pour les cheveux, mais également pour les cuirs chevelus à problèmes.

Cette sève contient tous les aliments organiques du bouleau.
Elle est récoltée au printemps dès que le climat permet sa montée.
Elle est connue et recueillie dans tous les terroirs des pays nordiques et tempérés.

La sève de bouleau Equilor est récoltée en Auvergne, massif volcanique au cœur d'une nature somptueuse, parcourue de torrents et peuplée de tourbières, réservoirs de vie.
Cette région bénéficie d'une valeur biologique et écologique remarquable.

La sagesse populaire a bien perçu les vertus de la sève de bouleau et l'utilise pour drainer et libérer l'organisme de toutes les substances et dépôts qui l'encrassent.
Cette élimination douce et progressive constitue une véritable régénérescence.
Elle combat l'inflammation des articulations, purifie les tissus cutanés.
Elle aide les rhumatisants, elle favorise la détoxination.
La vitalité de la sève de bouleau Equilor est optimisée par la présence de bourgeons de frêne et de cassis dont les actions, éliminatrices et anti-inflammatoire, sont bien connues.

L'union de ces deux bourgeons avec la sève de bouleau, réunit les qualités respectives des trois plantes, pour faire une préparation dépurative, un reconstituant, un nectar de vie.

Une cure, au printemps et aux changements de saison, favorise le nettoyage de l'organisme et le prépare à affronter les différences climatiques en bonne forme.

 

 

 

 

Quand et comment extraire la sève de bouleau ?


La récolte de la sève s'effectue au printemps, au moment de sa montée (mars début avril, en Belgique plus ou moins vers le 10 mars).
Les nuits sont encore froides et le jour, les premiers rayons chauds du printemps apparaissent.
Ce sont les écarts de température qui favorisent une montée de sève abondante.
La durée de la récolte est de plus ou moins trois semaines et l'écoulement se tarit progressivement. Il est conseillé de ne pas en prélever plus de 10 litres par arbre.

Le Traité de vinification, pages 188, 189, n'interdît pas la récolte de sève descendante, appelée aussi sève élaborée, plus riche en protéines et sucres fabriqués dans les feuilles. Ne pas prélever plus de 2 litres par arbre.


Mise en place du chalumeau
On choisira un arbre jeune d'une circonférence de 25 à 30 cm (idéal).
L'entaille doit se situer au-delà de 30 cm du sol (idéal plus ou moins 1 m).
On entaillera à un endroit différent chaque année, à une distance d'au moins ¼ de tour, sans jamais réutiliser une ancienne entaille.
Pour obtenir une bonne coulée, à l'aide d'un foret ou d'une mèche de 10 mm, forer un trou perpendiculairement et légèrement incliné vers le bas dans l'écorce, jusqu'au bois mou (plus ou moins 4,5 ou 5cm de profondeur).
La sève doit s'écouler après quelques secondes, ce qui confirme sa montée.
Placer la pointe du chalumeau dans l'orifice et l'enfoncer au marteau (en douceur pour ne pas casser le chalumeau) jusqu'à 4,4cm de profondeur. La sève s'écoule dès lors goutte à goutte à travers le chalumeau. Attacher le seau au crochet. Placer le couvercle à travers le chalumeau. Tout est prêt pour la récolte. En pleine saison un bouleau moyen produit de 1 à 3 litres de sève par jour.


Extraction du chalumeau après la récolte.
La récolte terminée, on retire le chalumeau en le frappant légèrement de part et d'autre avec un marteau, juste assez pour le décoincer (pas trop fort pour ne pas le casser). Il est important de boucher le trou définitivement avec un mastic végétal ou par de la terre qui se trouve au pied de l'arbre.


Comment la conserver ?


Il existe plusieurs méthodes de conservation.

A vous de choisir d'après vos goûts et vos expériences :

* Mélanger 1 part d'alcool pour 3 parts de sève. Ceci évite la fermentation. On peut diminuer le dosage alcoolique, ce qui provoquera une légère fermentation.
* Mettre la sève en bouteilles et laisser fermenter un mois. Filtrer le liquide, ré embouteiller et bien boucher l'orifice. Ce liquide, légèrement fermenté, se conserve quelques mois. On peut varier avec du thym ou des clous de girofles. La sève peut se conserver ainsi, pure, mais elle s'acidifie avec le temps. La conservation au frigo freine l'acidification. Après quelques jours, la sève se trouble par apparition de moléates de Ca et phosphate calcique.
* On peut aussi la congeler, pour la conserver, pour la boire, ou pour l'utiliser en glaçons pour les soins du visage La congélation freine l'acidification et augmente la conducto-résistivité.

 

 

 Sources variées en circulation libre

 

 

 

 

 

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 16:13

Voici en lien le site Internet de Christophe Bernard, naturopathe. Il décrit ici à quoi correspond la camomille.

http://www.altheaprovence.com/blog/camomille-matricaire-matricaria-recutita/#more-2758

 

J'ai planté de la camomille matricaire sur ma parcelle en 2013. Elle est toujours là et se multiplie. 

Récolte:

Couper à l'aide d'une faucille les parties aériennes. Les tiges feuillées sentent aussi bon que les fleurs. On peut aussi ne récolter que les fleurs pour une tisane plus décorative mais c'est très long.

La camomille matricaire se différencie de la camomille romaine où on ne récolte que les fleurs en "pompon". Celle-ci est plus amère au goût que la camomille matricaire. Cette dernière sent le bonbon. Elle aide les enfants excités et colériques à se détendre.

Toutes les camomilles peuvent être utilisées pour décongestionner les yeux gonflés : appliquer une compresse imbibée de l'infusion de camomille. 

J'ai aussi fabriqué en 2012 du macérat huileux de camomille romaine (dans de l'huile de cameline bio de la production familiale), avec ajout après filtration de quelques gouttes d'huile essentielle de lavande. Huile pour le visage. 

 

Anaïs Zarat

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 17:37

 

En l'honneur du 100e anniversaire de La Hulotte,

 le journal le plus lu dans les terriers,

 

 

à laquelle je suis abonnée depuis longtemps, j'ai semé cette année dans mon jardin les graines de Cardère sauvage envoyées par La Hulotte il y a un ou deux ans. J'ai été conquise par cette belle plante qui s'est imposée en plein soleil avec ses 2 mètres de haut. Les papillons l'ont adorée aussi, et les abeilles évidemment, et tous les insectes en plus, tous ceux que je n'ai pas vus.   Elle est impressionnante de légèreté et souplesse, cependant qu'avec ses piquants, elle ne se laisse pas approcher facilement.  

 

J"aurais dû récolter les graines, c'est recommandé par La Hulotte , pour participer à la distribution et  la sauvegarde de l'espèce, et les envoyer au journal; mais je n'y ai pas pensé et alors c'est déjà trop tard. 

 

Et voilà que je reçois de nouveau un sachet de graines de La Hulotte! De la Cardère des villes, dite cultivée, cousine de la cardère sauvage qui me plaît tant.  Alors là, tellement je suis heureuse, je veux participer à ma manière à ce centième numéro et j'ai rassemblé quelques éléments pour constituer une fiche d'herboristerie digne de ce nom.

  

 

 

 

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Cardère sauvage ou sylvestre

  

Dipsacus fullonum, Linné

Dipsacus sylvestris, Hudson

Famille des Dipsacasées

  

Dipsacus vient du mot grec dipsaô, qui veut dire "j'ai soif".

  

Noms vernaculaires : cabaret des oiseaux, fontaine des oiseaux, lavoir de Vénus, cuvette de Vénus, baignoire de Vénus, peigne de loup, grande verge à pasteur.

  

Descriptif : répandue dans toute l'Europe sur les chemins, les talus, les terres incultes. Plante bisannuelle, de hauteur 1,80 m à 2 m; les tiges et les feuilles sont armées d'aiguillons. L'inflorescence est conique, épineuse, de 6 à 10 cm de long; les fleurs sont rose lilas.

  

Floraison : juillet-août.

 

 

Principes actifs : un glucoside : le scabioside.

  

Propriétés : en homéopathie, la teinture de la plante fleurie fraîche est utilisée dans le traitement de dermatoses, de la tuberculose et des fistules anales.

  

La racine récoltée au printemps est une dépurative efficace. On l'emploie sèche, en décoction, à 1%-3% (bouillir 10 mn, 2 ou 3 tasses par jour) dans le traitement des dermatoses : eczéma, impétigo, psoriasis, acné. L'association avec la bardane et la pensée sauvage est recommandée.

 

Elle est diurétique, sudorifique et dépurative.

 

On peut aussi la mettre dans son assiette, en salade sauvage, elle se récolte au stade de rosette.

 

Sorcellerie : la cardère sylvestre est répertoriée comme plante magique : clouée sur la porte des maisons et des granges, elle est toujours chargée de repousser les esprits malveillants avec ses épines. 

 

Bibliographie :

 

Pierre Lieutaghi, Le Livre des bonnes herbes;

Paul Schauenberg, Ferdinand Paris, Guide des plantes médicinales;

Michèle Bilinoff, Enquête sur les plantes magiques;

Michel Pierre et Michel Lis, Au bonheur des plantes;

Capucine Crosnier, La cueillette des savoirs;

La Hulotte, journal environ semestriel.   www.lahulotte.fr 

   link

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 21:59

 

 

Le buis, plante bénéfique ou plante toxique ?

 

 

 

Un soir, lors d'un dîner entre amis, la conversation tourne autour des plantes médicinales dans le jardin. Une femme d'un village proche raconte qu'elle prend, lorsqu'elle est atteinte d'une énorme fièvre et qu'elle est "au bout du rouleau", une décoction de feuilles de buis. Bien sûr, cette boisson est très amère, il faut en avoir la nécessité, mais elle assure qu'elle est guérie dès le lendemain. Le côté pratique, c'est qu'il y en a toujours sous la main. 

 

Un peu étonnée, je remarque que je pensais cette plante toxique. Elle me dit que oui, elle est toxique mais qu'on peut l'utiliser de temps en temps. Elle l'a lu dans un livre (ne précise pas lequel) et depuis a vérifié l'efficacité de ce remède.

C'est donc dans la dose que réside la toxicité, me demandè-je. Après quelques recherches sur le Net et dans la bibliothèque, voici ce qu'il en ressort.

 

 

 

 

 

 

 

 

BUIS

Nom scientifique : Buxus sempervirens, L.

Famille : Buxacées

Généralités : Autres appellations : Guézette, Bois béni, Bois d'Artois...

 

Le buis, emblème du renouveau et de la résurrection , était en Grèce consacré à Pluton. (Traité des arbrisseaux et des arbustes, Jaume Saint-Hilaire, 1825).                       

Botanique et géographie

Origine : Bassin méditerranéen principalement dans les bois.

 

Description botanique : - Arbrisseau touffu de 1 m à 5 m, au feuillage sombre persistant (sempervirens = toujours vert), spontané sur sol calcaire - Très cultivé comme plante ornementale - Feuille entière, opposée, luisante, coriace, glabre, à nervure médiane saillante. Les bords de la feuille sont lisses et un peu enroulés vers le dessus. Fleurs petites jaunâtres (avril). Fruit : capsule verte puis brune, à 3 loges contenant chacune 2 graines. Peut atteindre 600 ans. Bois de tournage et utilisé en gravure. - Saveur très amère -

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/41/Illustration_Buxus_sempervirens1_cleaned.jpg/290px-Illustration_Buxus_sempervirens1_cleaned.jpg

Parties utilisées:  Feuilles.

Une infusion aqueuse ne précipite pas avec de l'acétate de plomb (différence avec la Busserole et l'Airelle).

Conservation : En récipient bien fermé, à l'abri de la lumière, dans un local frais et aéré.

Constituants

Nombreux alcaloides stéroidiques (buxine..).

Propriétés :

Purgatif drastique.

Principes actifs isolés : - propriétés parasympatholytiques intenses dues aux alcaloïdes.

Associations usuelles : Autres drogues cholérétiques (Romarin, Boldo, Menthe poivrée).

Applications

Confirmés par l'usage : - Purgatif drastique (voie orale); décocté (saveur désagréable) (10 g/litre : décoction jusqu'à réduction au tiers) : 250 ml par jour Teinture : 2 à 4 g/jour Cholagogue (voie orale).

 

Contre-indications : Convalescence; Hypotension; Enfants de 0 mois à 15 ans; Grossesse.

Précautions particulières : Ne pas associer à d'autres parasympatholytiques.

Autres emplois : Cosmétologie : lotion capillaire.

Risques

Usage à restreindre au maximum étant donné la toxicité des feuilles.

 

Effets indésirables : - Toxicité au niveau du système nerveux (moelle épinière et bulbe), engendrant principalement une paralysie d'origine spinale à fortes doses.

Troubles possibles : sudorifique, cholagogue, antirhumatismal. Vomissements, vertiges, tremblements. Possibilités de dermites.
 

 - Au-delà des doses indiquées, risques de vomissements, diarrhées, vertiges, tremblements, contractions tétaniformes, troubles respiratoires - Cycle menstruel, contraception, grossesse, allaitement : ne pas utiliser.

 

 

              
 
 
Cependant, voici quelques autres appréciations.
Dico santé des plantes des Vosges, de M. et Mme Busser :
" Usages populaires : infusions contre les maladies respiratoires.
Précaution d'emploi : mes alcaloïdes peuvent provoquer des troubles digestifs avec diarrhées et vomissements et des troubles nerveux pouvant aller jusqu'à une paralysie.
Utilisation avec prudence."
Plantes médicinales et sorcellerie, de Frédéric Vernet :
"On peut utiliser les feuilles mais aussi l'écorce et la racine. Si on mélange les deux, on peut en faire une tisane dans la proportion d'une cuiller à café pour une tasse d'eau. On fera bouillir, puis, dès les premiers bouillons, on retirera du feu pour laisser infuser encore  mn à  1/4 heure. C'est un dépuratif très actif mais aussi un laxatif. (...)
En revanche, 50 g de  feuilles sèches pour un litre d'eau, préparées en décoction, jusqu'à réduction de moitié du liquide, font du buis une très bonne potion fébrifuge.
Malheureusement, la tisane de buis est difficilement acceptée par l'estomac."
L'usage traditionnel du buis est donc connu mais il n'est pas divulgué encore moins recommandé. Le buis est plutôt banalisé comme la plante sacrée, buis bénit, que l'on brûle peu avant Pâques pour purifier la maison ou que l'on accroche devant la porte pour chasser les mauvais esprits.
Cette dame qui se sert une décoction de buis comme fébrifuge et "nettoyant de l'organisme" en cas de grippe sévère est-elle consciente de ces aspects douteux ou emploie-t-elle le buis en connaissance de cause, et surtout en connaissant la dose?
Là devrait intervenir l'herboriste officiel, celui qui n'est pas encore reconnu de nos jours, mais dont on vérifie tous les jours le manque dans notre société moderne.
           
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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 21:46

 

Congrès des herboristes

 

 à Paris 13e

 

(13-14 avril 2013)

 

 

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 Une salle bien remplie

 

Journée du dimanche

 

Le congrès des herboristes s’est tenu sur deux jours à Paris, à la Cité universitaire internationale, à l’initiative de l’Institut pour la protection de la santé naturelle, l’Ecole lyonnaise des plantes médicinales, Natura Mundi et l’Herboristerie du Palais-Royal. Comme l’a annoncé Jean-François Astier (Natura Mundi) lors de l’allocation d’ouverture, le congrès avait pour but d’échanger et de faire émerger des idées pour construire un projet pour une reconnaissance officielle du diplôme d’herboriste. Voilà bien un but atteint ! Ont pris la parole des orateurs de qualité : des experts règlementaires, des représentants de députés européens, des avocats, un représentant de la DGCCRF, des ethnobotanistes, des professeurs de faculté enseignant dans le domaine du vivant, des médecins, des pharmaciens, des naturopathes, mais surtout, surtout … des herboristes. Certains encore en activité, d’autres ayant témoigné d’années passées de pratiques quotidiennes en boutique à conseiller les clients, mélanger des plantes, vendre des produits de santé.

 

Les tables rondes ont démontré l’intérêt porté à la qualité de la matière médicale, c’est-à-dire la « drogue » ; la traçabilité, le compromis quantité-qualité, les produits importés, la vente par Internet, tous les sujets qui concernent le métier d’herboriste ont été abordés et la revendication d’un statut de l’herboristerie française était dans toutes les bouches. Malgré les difficultés, l’herboriste existe plus ou moins clandestinement, à la marge de la légalité, dans des domaines variés et étonnants : agriculture, agrochimie, diététique, phytothérapie, compléments alimentaires, homéopathie, naturopathie, médecines traditionnelles, ethnopharmacologie, soins aux animaux, écologie, et j’en oublie sûrement.

 

Ordre du jour

 

Interview de Clothilde Boisvert, ethnobotaniste, chercheur au CNRS.

 

Un ethnobotaniste se préoccupe des plantes que mange l’homme et des plantes qui soignent l’homme.

 

Clothilde Boisvert a travaillé avec Marie-Antoinette Mulot et Pierre Lieutaghi. Elle demande avec force et conviction la création d’un diplôme d’herboriste, de formation sérieuse sur plusieurs années, qui inclurait des cours de botanique, de chimie, anatomie-physiologie, et surtout des travaux  pratiques, stages sur le terrain. Il existe déjà un diplôme de phytothérapeute pour médecins, délivré à Besançon, sous l’égide du docteur Jean-Michel Morel.

 

Dans le public se lève une personne qui dit être polonaise et annonce qu’une formation universitaire d’herboriste vient d’être ouverte en Pologne, cette année.

 

Table ronde :

 

Sécuriser l’usage des plantes pour le consommateur : l’essence même du métier d’herboriste

 

Dominique Cremer - Herboriste belge

 

Cécile Decroix - Laboratoires Iphym

 

Claire Kocab - herboriste, naturopathe et enseignante à l’IFPA

 

Modérateur : Jean-François Astier

 

 

 

Mme Cremer fait un exposé sur la situation professionnelle des herboristes belges. Depuis 1997, un arrêté royal dénommé « Plantes » a statué sur la formation des herbalistes ; celle-ci est assurée par l’IFAPME (Institut de formation en alternance des petites et moyennes entreprises). Le diplôme est reconnu par l’Etat, mais il n’est pas obligatoire pour exercer. C’est un métier plutôt orienté à la vente-conseil, mais non à la thérapie. Cette formation sur deux ans est unique en Europe, à raison de deux soirées par semaine au total de 550 heures. Mme Cremer juge satisfaisante cette formation qui a pour vocation d’assurer une sécurité au client.

 

 

 

Mme Decroix est pharmacienne de formation, elle cherche elle aussi à sécuriser l’usage des plantes par le consommateur. En ce qui concerne le végétal, il n’y a pas de science exacte : la provenance des plantes est importante et la récolte également. De nombreux labels se côtoient au sujet du contrôle de qualité. A propos de l’approvisionnement, on recense :

 

_ le producteur en direct,

 

_ le négociant grossiste,

 

_ les filières bio ou labellisées,

 

_ les détaillants- pharmaciens.

 

Il faut toujours penser à la sécurisation de la filière et savoir rester humble.

 

Mme Claire Kocab témoigne en tant qu’herboriste-naturopathe. Elle a suivi la formation de l’Ecole lyonnaise puis a acheté avec son mari pharmacien une herboristerie vieille de 150 ans. Au début, elle ne vendait que 100 plantes, car elle a tout appris sur le tas. Elle parle du savoir-être de l’herboriste : l’important, c’est d’instaurer un climat de confiance avec la personne, car il est nécessaire de donner les bonnes plantes à la bonne personne. Il faut reconnaître ses limites de compétences, c’est l’essence même du métier.

 

Mme Kocab recommande dans la formation de l’herboriste un apprentissage théorique où il y a une place pour le contact avec le client, le conseil, et également une formation pratique.

 

Questions du public :

 

Le label bio ? Le label bio ne présume pas de la qualité des principes actifs d’une plante. Il y a une obligation de moyens pour la filière bio, une obligation de résultats pour la filière pharmaceutique : marier les deux est une exigence !

 

Interview de Michel Pierre, fondateur de l’Herboristerie du Palais -Royal 

 

Après quarante ans d’Herboristerie du Palais-Royal, Michel Pierre a été condamné pour exercice illégal de la médecine, mais le tribunal l’a relaxé.

 

Cependant il a envie d’être hors-la-loi, de continuer à se battre. Les clients dans sa boutique cherchent une information, un conseil, ils consomment des plantes pour leur plaisir, font attention à eux. Il faut toujours revenir à la plante en tisane !

 

Débat :

 

Les bonnes pratiques de l’herboristerie

 

Mme Elisabeth Busser, pharmacienne,

 

M. Patrice de Bonneval, herboriste, directeur de l’Ecole lyonnaise des plantes médicinales

 

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 De gauche à droite : M. De Bonneval, M. Astier, Mme Busser.

 

Mme Busser insiste sur les liaisons dangereuses : boisson --- potion --- poison.

 

 

Elle nous présente son laboratoire de préparations magistrales avec l’énumération des exigences :

 

_ traçabilité ;

 

_ stockage des plantes au frais ;

 

_ congélateurs ;

 

_ surfaces de travail désinfectées ;

 

_ bulletins de contrôle ;

 

_ prix au kilo ;

 

_ numéro de lot sur le sachet.

 

Les huiles essentielles sont en vente libre mais une formation serait requise vu le phénomène de mode. Enfin faites attention aux plantes vendues sur Internet.

 

M. Patrice de Bonneval réaffirme que la noblesse de la profession, c’est la tisane, plante + eau. Il soulève le problème des nouvelles dénominations : plus de teintures mères mais des alcoolatures ?

 

Questions du public :

 

Pourquoi des plantes au congélateur ? Pour éviter les contaminations.

 

Notion de DLUO ? Il est très difficile de dire si les plantes sont périmées ou non, d’où la nécessité des analyses.

 

Que fait-on des fonds de sac ? Une infusette est fabriquée de broyat très fin pour accélérer la rapidité de l’infusion. Mais on n’utilise pas les fonds de sac.

 

Pureté de l’eau ? L’eau maintenant est polluée, même les eaux minérales en bouteille.

 

Mais il ne faut pas se laisser gagner par la peur car celle-ci génère des maladies.

 

La Société française d’ethnopharmacologie alerte : les médecines traditionnelles sont menacées, que ce soit l’ayurvédique, la chinoise, l’africaine, etc., alors que paradoxalement 70 % de la population mondiale se soignent grâce à la médecine traditionnelle.

 

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Visite des stands

 

 Après-midi

 

Table ronde :

 

Les plantes, un patrimoine mondial à préserver

 

Jacques Vernin - Administrateur du Conservatoire national de

 

Milly-la-Forêt, gérant des laboratoires Derpha, membre du comité

 

scientifique de l’IPSN

 

» Catherine Hanras - laboratoire Oscanthe

 

» Alain Robert – pharmacien

 

 

 

 

 

M. Alain Robert déclare qu’il faut payer pour la qualité des plantes. Il est favorable à un diplôme d’herboriste à condition de garder de la rigueur. Même pour les produits bio, le contrôle est nécessaire. Il existe plusieurs conservatoires pour les plantes : conservatoire de semences à Milly-la-Forêt, ainsi qu’un jardin botanique et un catalogue de semences. A Melun, un jardin est reconstitué au pied de la Collégiale, ce sont des plantes à visée digestive. Il y en a aussi à Chemillé, en Anjou,  à Chanzot dans la Drôme. Certaines plantes ont disparu mais leurs graines sont conservées. Les plantes savent résister aux maladies, elles sécrètent elles-mêmes leurs propres systèmes de défense.

 

Le problème est : comment développer l’herboristerie et préserver le biotope ? Les cueilleurs doivent se discipliner un peu plus et les autorités contrôler de façon impartiale. Il existe une Charte des cueilleurs qui dicte la bonne conduite à tenir.

 

Questions du public

 

Que pensez-vous de la concurrence herboriste-pharmacien sur les plantes listées ?

 

En tant que pharmacien, Alain Robert est favorable à un diplôme d’herboriste sérieux, de qualité. Il n’a pas peur de la concurrence, mais au contraire il est favorable à l’utilisation des plantes de la pharmacopée.

 

Problème de l’eau : les vertus de l’eau sont-elles différentes suivant les maladies ?

 

L’eau doit être choisie la plus minéralisée possible, l’extrait sec doit être inférieur à 300 mg. Mais de toute façon, l’eau est de plus en plus polluée, en particulier par les résidus d’hormones féminines, que l’on ne sait pas traiter de nos jours.

 

Les pharmaciens sont-ils herboristes de fait ?

 

Il y a un diplôme complémentaire pour les pharmaciens et une formation continue obligatoire.

 

Les semences de plantes médicinales sont-elles toujours autorisées ; peut-on faire ses semences soi-même ?

 

L’achat des semences en conservatoire est libre, leur utilisation est libre. Un herboriste doit savoir utiliser la plante locale.

 

Conclusion

 

M. Patrice de Bonneval valorise le mélange de plantes en tisane.

 

M. Daniel Kieffer, naturopathe, souligne l’importance du diagnostic : contrairement au médecin allopathe, il s’intéresse à la partie saine de la personne. Il établit un bilan de terrain par partie irisée de l’œil et propose une correction de terrain.

 

M. Desgranges est un médecin phytothérapeute, ils sont moins de cinquante en France. Le mot « herboristerie » n’est pas interdit en France, c’est le mot « herboriste » qui est interdit ! Il recommande la prudence dans les mélanges à la vente. L’herboristerie peut être une boutique d’accueil et de conseil.

 

Questions

 

Quel est le nombre de plantes qu’un herboriste doit connaître ?

 

Un herboriste doit avoir les plantes avec lesquelles il sait travailler ; lorsque les compétences augmentent, les plantes augmentent également. Ce qu’attendent les patients, c’est de l’empathie. La santé est l’adaptation maximale à l’environnement. Il n’y a pas de remède miracle, il n’y a que de l’accompagnement.

 

Le 2e congrès des herboristes aura lieu à Lyon, les 17 et 18 mai 2014 ; le thème retenu est

 

 Sécurité = compétences + règlementation.

 

Fin de la session.

 

Claude Amour,

 

 diplômée ARH 2010 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 22:18

 

QU’EST-CE QU’UN HERBORISTE ?

L’herboriste représente un des plus vieux métiers de l’humanité.  

CHRONOLOGIE

L’herboristerie, la médecine par les plantes, ou encore la phytothérapie, est la plus ancienne médecine humaine, les plantes médicinales ayant été employées depuis la nuit des temps.

Dès les origines, l’homme a su puiser dans le monde végétal qui l’entourait des aliments, des remèdes et sans doute aussi des poisons. On estime par exemple que l’homme du paléolithique consommait environ 10 000 espèces animales et végétales différentes. Il existe une longue période, depuis plusieurs dizaines de milliers d’années jusqu’à moins 4 000 ans environ, au cours de laquelle le savoir se constitue peu à peu. C’est par empirisme que se forge un savoir considérable.

 Apparaît dans cette période un personnage chargé de collecter les observations, de conserver les échantillons, et de soigner, de ce fait souvent considéré comme en relation avec le monde invisible voire sacré : l’homme-médecine, appelé aussi chamane, guérisseur, sorcier. Dans le nord de l’actuel Irak, on a retrouvé une sépulture collective de Néanderthaliens, parmi lesquels Shanidar IV, décédé il y a environ 60 000 ans, qui fut inhumé avec 7 espèces végétales possédant des propriétés pharmacologiques. Ce traitement de faveur par rapport aux autres personnes inhumées indique qu’il était un personnage important et peut-être un guérisseur.

Pour nos ancêtres, la  nature était à la fois hostile et bénéfique : les plantes toxiques étaient la manifestation d’esprits mauvais, tandis que les médicinales étaient l’expression d’une entité bienfaisante. La relation plante-remède-pouvoir est manifeste dès les toutes premières sources écrites de l’Antiquité, où le religieux voire les dieux, le médecin ou l’herboriste sont le plus souvent confondus.

Les plus anciens écrits mésopotamiens, égyptiens, indiens, chinois remontent à moins 3000, moins 4 000 ans avant l’époque actuelle. C’est dans le delta du Tibre et de l’Euphrate dans l’actuel Irak, région qui fait la jonction entre l’Asie et l’Europe, que l’on trouve les plus anciens documents écrits pouvant mentionner les plantes médicinales. Les tablettes sumériennes de Nippur (2100 av. JC.) et  le Code d’Hammourabi (1700 av. JC) font référence à une pratique médicale essentiellement religieuse et magique. Les prêtres-médecins  emploient des plantes pour la fabrication de remèdes comme l’aloès, la grande aunée, le grenadier, l’oliban, la moutarde, l’acore, le fenouil, la rose, ou le chanvre indien ; mais ce sont d’abord les dieux et les démons qui donnent la santé ou la maladie. C’est le roi médecin Hammourabi (1730-1685 av. JC) qui est à l’origine du premier code de responsabilité civile et pénale des médecins.

En Inde, les Vedas (1500-1000 av. JC) sont les plus anciens textes sacrés ; ils mentionnent l’usage médicinal et alimentaire de plus de 250 plantes. Les pratiques herboristiques mêlent intimement religion, magie et thérapeutique. La conception de la médecine âyurvédique reconnaît la nécessaire interaction entre le macrocosme (univers) et le microcosme (homme). Des correspondances sont décrites entre les éléments (terre, eau, feu, air) et les différentes parties (solide, liquide, calorique) de l’être humain.  Les Perses, les Grecs et les Arabes nous lègueront des éléments de la médecine végétale indienne, notamment de nombreuses épices.

La médecine chinoise au système très élaboré nous est parvenue par le Pen-T’sao (2900 av. JC), œuvre de l’empereur Shen Nong, qui serait le plus vieux livre sur les plantes médicinales. Il décrit des substances d’une incontestable valeur thérapeutique (cannelle, ginseng, réglisse, ginkgo biloba…).  Dans la pharmacopée chinoise             ancestrale, les drogues sont classées selon leur couleur et leur degré de chaleur (notion que l’on retrouve dans la classification hippocratique des drogues en Occident), ainsi que par leur forme, leur saveur, leur habitat privilégié.

L’Egypte nous a légué un savoir colossal ; le texte le plus ancien et le mieux connu, le papyrus découvert par l’égyptologue Ebers et qui porte son nom, fut écrit à Thèbes en 1600 av JC. Il contient de nombreuses incantations religieuses car à cette époque la maladie est intégrée dans une conception métaphysique qui gouverne toutes les activités humaines, de la naissance à la mort. Avec d’autres papyrus médicaux, ils reflètent l’idée d’une médecine assez préventive qui donne pour source des maladies les excès alimentaires, les vers, des éléments et des souffles nuisibles et des démons. Les remèdes sont des purgatifs, des émétiques et des lavements, mais les formes sont déjà très diverses : pilules, suppositoires, cataplasmes, tisanes, onguents, emplâtres, collyres… Les plantes utilisées étaient notamment l’absinthe, l’ail, l’oignon, le cumin, le séné, le lin, la myrrhe, la menthe, la jusquiame, le pavot. Cette médecine sera considérée comme l’une des meilleures de l’Antiquité. Elle influencera énormément la médecine hébraïque, laquelle s’intéressera tout particulièrement aux résines à parfum (myrrhe, encens, baumier, etc.) ainsi qu’aux aromates comme le fenouil, l’anis ou le carvi.

La médecine gréco-romaine est, grâce aux Perses, l’héritière de la médecine égyptienne, mésopotamienne, et indienne. Avec Hippocrate (Ve siècle av. JC), commence la médecine scientifique. Celui que l’on appelle parfois « le père de la médecine » établit une science distincte, un métier à part entière, et rejette les croyances et les superstitions qui expliquaient, jusqu’alors, l’origine des maladies. Il fait valoir que les maladies ne sont pas une punition infligée par les dieux mais plutôt la conséquence de causes naturelles : facteurs environnementaux, alimentation et habitudes de vie. L’approche thérapeutique était fondée sur le pouvoir guérisseur de la nature, et sur l’importance de la diététique pour corriger les déséquilibres des humeurs. Son Corpus hippocraticum, premier code de déontologie du médecin, fait état de 230 plantes médicinales, dont comme nouvelles ressources : le chou, le melon, le persil, l’asperge, le céleri, le myrte, le chêne, la mercuriale, la belladonne, etc. Le serment d’Hippocrate est encore prêté au moment de la soutenance de thèse des jeunes médecins.

 Un siècle plus tard, Théophraste propose la première tentative de classification des plantes. Dans son Histoire des plantes, il décrit un grand nombre d’espèces grecques ou étrangères, en donnant leurs usages. Théophraste est le plus grand botaniste de l’Antiquité, il fut la référence scientifique en Europe jusqu’à la Renaissance. C’est également lui, le premier, qui énonce la théorie des signatures, théorie qui suppose que l’action thérapeutique d’une plante ou d’une drogue est marquée par un signal visible, organoleptique, symbolique qui désigne, par la loi de similitude, l’organe malade, défaillant, ou la maladie à atteindre (par exemple, une plante velue sera supposée faire repousser les cheveux).

Au Ier siècle après JC, un médecin grec installé à Rome, Dioscoride, décrit dans son œuvre fameuse, De Materia medica, la préparation et les propriétés de plus de 1 000 substances naturelles, les falsifications possibles ainsi que leurs indications. Remarquablement illustré, c’est le premier véritable traité de pharmacognosie.

Une autre grande figure médicale romaine fut Galien (120-200 ap. JC), qui dominera la pensée médicale jusqu’à la Renaissance. Il codifia les préparations des médicaments, à tel point qu’on parle toujours de galénique pour parler de l’art de la préparation pharmaceutique. C’est lui qui élabora la célèbre Thériaque, à base de plus de cent composants dont l’opium, pour soulager les souffrances de Marc-Aurèle.

La médecine gauloise, malheureusement, est assez peu connue, mais il est très probable que les connaissances médicinales furent importantes. C’est une caste particulière de druides, les Eubages, qui était spécialisée dans la médecine et chargée de cueillir le gui du chêne. Par ailleurs,  Dioscoride nous apprend que les Gaulois utilisaient et même exportaient vers Rome la verveine officinale, la primevère, la jusquiame noire, la sauge, et la résine du mélèze. Un autre médecin gallo-romain liste plus de 150 plantes traditionnellement utilisées en Gaule, parmi lesquelles la bétoine, l’armoise, la chélidoine, la petite centaurée, le plantain, le serpolet, le tussilage, le raifort, la mauve, le chou, la menthe, la coriandre, l’ache.

La médecine arabo-musulmane trouve ses bases dans la théorie des humeurs de Galien. Ces humeurs étant antagonistes, l’art du médecin est de rétablir l’équilibre, en les combinant à des degrés divers pour chaque cas particulier. C’est aussi l’apparition de la diététique au sens moderne du terme, avec des systèmes complexes ; par conséquent, la médecine se diversifie et les remèdes sont quasiment personnalisés.  Cette médecine sera le refuge des connaissances antiques pendant la période qui a suivi l’effondrement de l’empire romain, marquée par un véritable recul culturel en Occident.

Avicenne en est le plus célèbre représentant, l’un des plus grands médecins et génies de l’humanité. Il est l’auteur du fameux Canon de la médecine, synthèse des doctrines d’Hippocrate, d’Aristote et de Galien, mais aussi des meilleurs médecins indiens, perses, grecs et arabes. C’est un précieux traité où près de 800 remèdes sont décrits, avec des recettes de sirops, poudres et élixirs. C’est lui qui apporte la méthode de distillation en Occident et qui énonce la notion de totum pour la plante, notion qui part du principe que le tout est supérieur à la somme de ses parties. Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages de mathématique, astronomie, zoologie, géographie, minéralogie.

Au Moyen Age, dans un premier temps, le clergé va mettre la main sur la médecine savante ; la bataille avec les corporations médicales laïques durera de nombreux siècles et les « sorciers » et « sorcières », individus non organisés, en seront les victimes. Les monastères sont alors dépositaires de nombreuses traditions et de secrets concernant les plantes médicinales. Mais il existe deux importants foyers de recherche, de diffusion et d’enseignement de la médecine en Europe chrétienne. Ce sont l’Ecole de Salerne, au sud de Naples, et l’Ecole de Montpellier.

L’Ecole de Salerne va produire les premiers véritables codex, références de tout le continent pendant six cents ans (avec pas moins de 300 éditions successives). La sauge Salvia officinalis doit son actuelle renommée à l’école de Salerne ; son nom latin l’indique : salvia = sauver. On utilise les moutardes Brassica et Sinapis, pour provoquer les larmes et purger la tête ; l’ortie Urtica dioica, contre les coliques et les rhumatismes ; l’hysope officinale pour toutes les maladies respiratoires, le cresson pour nettoyer les plaies, mais aussi pour calmer les douleurs dentaires.

L’Ecole de Montpellier fut fondée au XIIe siècle par des érudits juifs et arabes ; elle est au départ un lieu extrêmement ouvert à toutes les cultures et toutes les religions, mais cette liberté sera brève : dès 1220, une bulle papale contrôle et consacre l’école de Montpellier un tant qu’université de médecine patentée à former et surtout à diplômer des médecins.

Ailleurs, à Paris, Saint Louis réglemente la médecine et donne un statut aux médecins et aux apothicaires en 1258. Il y a dès le début du XIIIe siècle des dizaines, voire des centaines de médecins à Montpellier, Paris ou Avignon. La préparation et la délivrance des remèdes sont réservées aux épiciers-apothicaires, tandis que les herbiers ne peuvent vendre que des plantes locales, mélangées ou non. Les corporations médicales essaient en vain de discréditer les herbiers et les divers guérisseurs, et de diaboliser les charlatans. C’est la grande époque des bûchers et de la chasse aux sorcières qui ne s’achèvera guère qu’au milieu du XVIIe siècle.

La fin du XVe siècle est marquée par deux événements considérables : l’invention de l’imprimerie, qui favorise la diffusion des documents ; les pharmacopées sont parmi les premières à être imprimées ; et la découverte du Nouveau Monde, et des produits exotiques comme la coca, le quinquina qui sauvera du paludisme, le jalap, le cacaoyer, le tabac, l’ipéca, le caoutchouc, etc. Le médecin suisse Paracelse veut symboliser le renouveau de la médecine en brûlant publiquement les livres de Galien et d’Avicenne. Pour lui, la seule vraie médecine doit être fondée sur l’expérience. Il introduit la notion de principe actif et de dosage comme fondement de l’action de la plante : « Tout est toxique, rien n’est toxique, tout est question de dose ». Cependant, il réhabilitera largement la théorie des signatures : « Tout ce que la nature crée, elle le forme à l’image de ce qu’elle entend y cacher ». Rechercher des similitudes, c’est donc découvrir des propriétés.

Au XVIIIe siècle, la santé publique devient affaire d’Etat, et on parle dorénavant de salubrité publique. Les herboristes sont une profession non constituée en corps et donc fragilisée de tous côtés. En 1777, la création du Collège de pharmacie consacre l’autonomie et le monopole définitifs des apothicaires pour la préparation et la délivrance des remèdes.

Avec la révolution industrielle, au XIXe siècle, apparaissent de nouvelles maladies : la tuberculose, des maladies mentales ; les professions de santé sont réorganisées et le monopole pharmaceutique est réaffirmé, en 1803 ; les colporteurs et les herboristes ambulants sont évincés. En 1854, un décret distingue les herboristes de 1re classe qui ont obtenu un diplôme national dans une école supérieure de pharmacie, et les herboristes de 2de classe qui ont obtenu leur diplôme dans une école préparatoire de pharmacie et qui ne pourront exercer que dans le département où ils ont étudié. La profession d’herboriste est désormais encadrée et enseignée scientifiquement. Les étudiants suivent des cours de botanique, chimie, physique, anatomie, physiologie, physiologie, phytothérapie, diététique, botanique médicale, jurisprudence herboristique et déontologie du métier d’herboriste.

En 1916, une loi exigera une seule capacité professionnelle, celle de la première classe. Les herboristes sont considérés par le public comme des « conseillers paramédicaux ». En 1927, est fondée à Paris l’Ecole nationale d’herboristerie, située rue du Temple. Plusieurs lois ensuite essaient de fixer un statut : en 1930, pour les assurances sociales, les herboristes sont compétents pour exécuter au même titre que les pharmaciens les ordonnances que leur présentent les assurés sociaux. En 1936, une loi sur le colportage en pharmacie-herboristerie reconnaît que « les herboristes peuvent vendre librement au poids médicinal les plantes mélangées ou non, dans un but médicinal ».

Malgré cela, en 1941, le gouvernement de Vichy supprime le diplôme d’herboriste et donne le monopole absolu de la vente des plantes à la corporation des pharmaciens. Cette loi n’a pas été abrogée après la Libération. Elle condamne à la disparition progressive la profession d’herboriste au fur et à mesure que ses représentants mourront (ils étaient environ 4 500).

 

L’HERBORISTERIE FRANÇAISE NE VEUT PAS MOURIR

A la fin des années 1960, le retour vers les plantes médicinales touche une diversité et un nombre grandissant de personnes en France et dans le monde. Plusieurs écoles voient le jour pour tenter de sauver l’enseignement de l’herboristerie et de faire réhabiliter la profession : l’Association pour le renouveau de l’herboristerie en 1982, l’Ecole lyonnaise des plantes médicinales en 1983, l’Ecole des plantes de Paris en 1985, etc. Plusieurs propositions de loi sont déposées tendant à rétablir un diplôme d’herboriste, en 1978, en 1980, 1986, 1993, en vain. En 1990, la loi Evin dérembourse les préparations magistrales à base de plantes ; ainsi le consommateur est réorienté vers les produits des laboratoires pharmaceutiques ou homéopathiques, ou même vers les compléments alimentaires de l’industrie diététique.

Car l’engouement pour les plantes médicinales ne cesse de se développer et attise les convoitises des industriels et distributeurs de l’agro-alimentaire, des cosmétiques et de la parapharmacie.

Au XXIe siècle, avec la mode actuelle pour l’écologie et les remèdes naturels, les plantes médicinales intéressent de plus en plus le public. La vogue du retour à la nature et des croyances selon lesquelles tout ce qui est naturel est forcément bon ont conduit à une profusion de littérature alléchante, mais très souvent incomplète, sur les plantes médicinales. Certains livres et articles de presse induisent fortement l’automédication avec tous les risques que cela peut comporter. Ce marché représente environ 1 milliard d’euros chaque année rien que dans notre pays. La vieille querelle des apothicaires et des épiciers a pris une tournure industrielle et planétaire, en marge de laquelle les herboristes moribonds et les néo-herboristes « illégitimes » ont bien du mal à se faire entendre.

Dans notre pays, la délivrance au public des plantes médicinales ou aromatiques est aujourd’hui segmentée en deux marchés légaux :

Le secteur médicinal revient en exclusivité aux pharmaciens via le monopole de la quasi-totalité des espèces et du droit exclusif de donner des indications thérapeutiques ; il y aurait même une sorte de suprématie avec le laboratoire Arkopharma.

Le secteur des compléments alimentaires, qui revient petit à petit à l’industrie agro-alimentaire et la grande distribution via le système normatif d’autorisation de mise sur le marché.

MAIS AUJOURD’HUI QU’EN EST-IL DANS D’AUTRES PAYS ?

En Allemagne, 90 % des gens prennent un remède naturel à un moment ou à un autre de leur vie. La phytothérapie y est officiellement reconnue depuis la loi sur les médicaments du 1er janvier 1978. Les médecins ont une formation initiale et utilisent des spécialités qui sont nombreuses et bien formulées. Il existe aussi depuis 1939 un diplôme de heilpratiker, dont la formation s’apparente à ce qu’on appelle chez nous des naturopathes.

En Italie, il existe un diplôme d’herboristerie reconnu par l’Etat créé en 1931. En 1996, ce diplôme s’est transformé en un diplôme universitaire qui s’obtient après trois années d’études de technique agricole ou en faculté de pharmacie. Ce diplôme donne le droit de cultiver, cueillir, préparer, conditionner et ouvrir une Erboristeria pour vendre des plantes médicinales, sans toutefois pouvoir afficher d’allégations thérapeutiques. La vente des plantes pour une utilisation médicinale est réservée aux pharmaciens.

Au Royaume-Uni, au contraire, l’herboriste et le médecin ne peuvent faire qu’un. Il existe des formations reconnues, dont les programmes sont à la croisée de la médecine et de l’herboristerie au sens où elle était entendue en France.

Aux Pays-Bas, une loi de 1993 permet à quiconque d’exercer la médecine. Certains actes cependant sont réservés aux médecins.

En Espagne, il n’existe pas de diplôme d’herboriste officiellement reconnu, mais des boutiques nommées herbodieteticas se chargent de la commercialisation hors des pharmacies, selon des normes voisines peu ou prou des règles européennes. Les herboristerias proposent  parfois jusqu’à 300 plantes, mais leur capacité de vente est peu à peu accaparée par la pharmacie.

En Suisse, la profession d’herboriste n’existe pas à proprement parler. Les droguistes-herboristes tiennent des magasins où sont délivrés certains médicaments en vente libre, les produits de ménage domestiques, les cosmétiques et les plantes médicinales autorisées. Pour une plante ou une préparation de plantes alimentaire, il est interdit d’indiquer ses éventuelles propriétés thérapeutiques.

Aux Etats-Unis, la phytothérapie de pratique médicale est presque inexistante, mais on observe un regain d’attention.

Au Canada, la phytothérapie connaît un succès certain. Il existe de nombreuses écoles délivrant un diplôme d’herboriste.  En 2005, un sondage a montré que 71 % des habitants ont eu recours au moins une fois à la médecine complémentaire et prenaient régulièrement des produits de santé naturels.

En Chine, après avoir été longtemps étouffée, la médecine ancestrale revient au premier plan. Deux filières officielles de formation coexistent, toutes deux donnant droit à un diplôme équivalent de docteur en médecine, occidentale et traditionnelle. C’est le seul modèle mondial et il est tout à fait exemplaire. Plus de 7000 espèces de plantes médicinales sont utilisées couramment, dont 6000 répertoriées dans la Pharmacopée chinoise.

Cette médecine traditionnelle est très présente également en Inde : c’est l’ayurvêda, système de pensée complet, qui utilise plus de 3000 espèces végétales. En Afrique, en Asie, et en Amérique latine, différents pays font appel à la médecine traditionnelle pour répondre à certains de leurs besoins de santé primaire, avec beaucoup de pertinence (par exemple, au Guatemala, où les guérisseurs et tradipraticiens exercent en parallèle à la médecine occidentale, en raison des mauvais moyens de communication et aussi en raison de la résistance de la culture maya proprement dite).

 En Afrique, jusqu’à 80% de la population ont recours aux sorciers, guérisseurs et détenteurs variés de savoirs ancestraux sur la matière médicale.

Nous voyons donc comment le savoir des herboristes perdure de nos jours à travers l’échange des cultures sur tous les continents. La mondialisation des pharmacopées diverses nous apporte encore de nombreuses plantes aux vertus in-considérées par la médecine moderne occidentale.

QUEL AVENIR POUR L’HERBORISTERIE ?

De tous temps et dans tous les pays, la matière première principale de la pharmacopée est restée végétale. Ce sont les rhizotomes grecs (littéralement les coupeurs de racines), les herbarii romains, les eubages gaulois, les herbiers, herbalistes, herbolistes du Moyen Age, les sorciers, et les sorcières de toujours, les colporteurs, les droguistes itinérants qui ont transmis oralement et enrichi de toutes manières possibles leurs savoirs au fil des millénaires, savoirs qui constituent la matière médicale de base dont sont issus toutes les médecines, anciennes ou modernes.

Toute la phytothérapie est fondée sur la tradition. Qu’on l’appelle médecine traditionnelle ou phytothérapie, même dans les pays occidentaux industrialisés, les chiffres indiquent que plus de 50 % de la population ont eu recours aux médecines complémentaires.  Il est urgent de recenser tous ces savoirs qui peuvent être d’importance capitale pour la santé. C’est pourquoi, depuis quelques années, s’est constituée une science nouvelle, l’ethnopharmacologie. Il est toujours étonnant de constater que le savoir « vernaculaire » (c’est-à-dire propre à un pays ou à une culture) est rarement pris en défaut dans ses indications et ses résultats.

De multiples enquêtes ethnobotaniques revalorisent les savoirs des herboristes (Lieutaghi, Renaux, Crosnier, Musset, Couplan, etc.). Pierre Lieutaghi, en 1986, dans son livre célèbre, L’Herbe qui renouvelle, montre que la majorité de ses informations a été fournie par les personnes de tranches d’âge supérieures à 60 ans. Mais une génération plus tard, ils auront disparu. Récemment, deux pharmaciens, Christian et Elisabeth Busser, ont effectué des enquêtes chez l’habitant sur la médecine populaire des Vosges, publiées sous le titre : Les Plantes des Vosges, médecine et traditions populaires, en 2005.

Cependant, selon la loi L659 du Code de la santé publique, l’exercice de l’herboristerie est réservé aux pharmaciens titulaires d’un diplôme de faculté et aux derniers diplômés d’herboristerie qui ont pu continuer à exercer. Un diplôme universitaire de phytothérapie réservé aux médecins, pharmaciens et vétérinaires est délivré par la faculté de médecine Paris-XIII.

Mais de petits producteurs-cueilleurs fleurissent un peu partout, vendent des plantes médicinales au détail au public et revendiquent le sauvetage et la diffusion des savoirs populaires médicinaux. En 1982, est créé le syndicat SIMPLES, Syndicat intermassif pour la production et l’économie des simples, qui regroupe aujourd’hui environ 100 producteurs de toute la France.

Il existe par ailleurs des stages permettant d’apprendre l’herboristerie à défaut d’exercer la profession d’herboriste : voir,

L’Association pour le renouveau de l’herboristerie (www.arh-herboristerie.org), L’Ecole lyonnaise de plantes médicinales, L’Ecole des plantes à Paris ; l’Imderplam, à Candillargues, près de Montpellier, et aussi l’Ecole européenne d’herboristerie.

Une proposition a été déposée récemment au Parlement par le sénateur Jean-Luc Fichet pour réclamer la création d’un diplôme d’herboriste, elle est actuellement à l’étude. Il est soutenu par l’Association pour le renouveau de l’herboristerie qui demande depuis trente ans la reconnaissance de la profession d’herboriste en France et la création d’un diplôme européen de phytologue-herboriste. Vous pouvez signer la pétition en ligne sur le site de l’ARH. Des informations sur la proposition de loi sont disponibles sur le site du Sénat :

http://www.senat.fr/leg/ppl10-750.html

Enfin, de nouveaux magasins font leur apparition qui vendent les 140 plantes autorisées par la loi du 22 août 2008, ainsi que des huiles essentielles, des épices, des thés et des compléments alimentaires de type vitamines et minéraux, comme certains magasins de parapharmacie.

En guise de conclusion, rendons hommage aux innombrables générations d’herboristes anonymes, femmes et hommes du peuple dont l’histoire écrite n’a pas ou si peu rendu l’immense importance.

Claude Amour

Diplômée ARH 2010, promotion Chicorée

 

Bibliographie

Enseignement à distance de l’Association pour le renouveau de l’herboristerie, cours de 2e année, Herboristerie pratique, cahier n°1, par Thierry Thévenin, producteur-herboriste ;

Traité pratique de phytothérapie, docteur Jean-Michel Morel, 2008.

Plantes médicinales des Mayas Kiché du Guatemala, Jean-Pierre Nicolas, Ibis Press, 1999.

Documents internet variés.

Contacts :

 contact@arh-herboristerie.org

Blog de l’antenne de l’Est : arh-fcb@overblog.com

Signer la pétition en ligne pour le rétablissement du métier d’herboriste sur le site de l’ARH :

www.arh.herboristerie.org

 

 

 

 

 

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 22:04
Pour la deuxième année consécutive, je tire la sève de mon bouleau; je reconnais que c'est une opération délicate car je lui demande un effort, c'est comme une saignée pour lui.
 
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Depuis une semaine donc, mon bouleau m'a donné plus de 15 litres de sève, pure, transparente, légèrement sucrée. Je la mets à la cave, bien étiquetée avec la date, et elle se conserve parfaitement.
 
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Je vais essayer de la garder jusqu'à fermentation, pour goûter. Elle devrait commencer à se troubler dans quelques jours; mais cela ne lui enlève aucune propriété. On peut aller paraît-il jusqu'au champagne de bouleau!
 
Les vertus sont connues : cure dépurative de printemps, pour nettoyer le corps de ses toxines accumulées pendant l'hiver; draine le foie, soulage les rhumatismes, car elle est anti-inflammatoire.
Cure de minceur, si on veut, car elle élimine les graisses en surplus.
 
Une aubaine, cette sève, je remercie mon arbre tous les ans, je le surveille de près. 
 Claude Amour
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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 12:46

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J'ai une trentaine de pieds. Avec l'aide de ma belle soeur et de ses deux filles les premières fleurs ont été coupées. L'année dernière je n'avais pas réussis à tout cueillir. Autres cueillettes du moment : menthe poivrée, menthe chocolat, Rue officinale, aquillée millefeuille, Arnica chamissonis, pensée sauvage, pétales de coquelicot, etc.

 

Anaïs

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