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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 17:53

 

Terre de volcans

 

 

 

Le Guatemala est le pays des volcans, on en dénombre presque 300 dans tout le pays, et les éruptions sont fréquentes, car certains sont en activité permanente, par exemple le Pacaya, près de la capitale, célèbre pour son éruption récente qui a fait un mort en 2010.

 

 

 

IMGP3354

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Près de Quetzaltenango, volcan de plus de 3000 m d'altitude

 

 

Qui dit activité volcanique dit eaux thermales, curatives. Dans ce pays, elles sont exploitées en piscines ouvertes, chaque bain présentant des températures différentes. Ces thermes sont très appréciés de la population, car les propriétés des eaux sont connues depuis longtemps. Ce sont principalement les vapeurs de soufre qui soignent les voies respiratoires et la peau, la chaleur de l'eau aidant à lutter contre les rhumatismes.

  Se rendre aux thermes est un loisir et un soin appréciable et les étrangers ne s'y trompent pas; c'est un must de la bonne société qui fréquente des bains plutôt  luxueux.

 

  Dans une salle d'attente, IMGP4730en feuilletant un magazine anglais, je tombe sur un article étudiant une plante nommée Smilax, d'un certain docteur Nicholas M. Hellmuth, directeur de la Fondation pour la recherche anthropologique latino-américaine. Celui-ci énumère les propriétés étonnantes de cette plante et dont il est surpris.

 

Je traduis :

 

" A ma grande surprise :

Smilax est utilisé comme colorant, pour teindre le coton;

Smilax est utilisé comme substance pour augmenter la force;

Smilax est utilisé comme substance pour accroître la libido;

Smilax est utilisé en cosmétique (traitement de la peau).

Thermes de Santa Teresita, lac Amatitlan



(...) On nous a rapporté qu'une ou plusieurs espèces de Smilax

poussent dans les régions de Alta Verapaz, El Peten, Izabal, Solola, et Suchitepequez. Maintenant que nous comprenons le rôle de la racine de Smilax dans la vie des Mayas, il nous faut trouver au moins quatre espèces différentes. La recherche continue. (...)


Nous sommes en train d'établir une bibliographie ethobotanique maya, sur le site

www.Maya-art-books.org

Photographies et matériel documentaire sur

wwwmaya-ethnobotany.org

 

Notre projet est d'étudier l'ethnobotanique historique : ce que les Mayas et les Aztèques de la Méso-Amérique pré-colombienne utilisaient dans leur vie quotidienne et dans leurs rituels."

 

  Très intéressée par cet article, je me mets en recherche de la plante Smilax et là je découvre la fiche botanique:

Salsepareille (Smilax sarsaparilla)

SalsepareilleArbrisseau de la famille des Liliacées, elle pousse spontanément dans les bois les plus chauds d'Europe. Originaire des forêts tropicales humides et des régions tempérées d'Asie et d'Australie. On utilise la racine que l'on récolte toute l'année. La Salsepareille possède des vertus diaphorétiques (qui provoque la transpiration) et dépuratives, car elle contient de nombreux principes actifs, tels que des huiles essentielles, des résines et autres. On l'utilise pour purifier le sang, soigner la grippe, les rhumatismes, l'arthrite et l'eczéma.


Importée du Nouveau Monde en Espagne en 1563, la Salsepareille était sensée guérir la syphilis. Mais on ne tarda pas à la délaisser. Au Mexique elle était utilisée pour traiter diverses affections cutanées. On l'utilisait contre le psoriasis et la lèpre. Sa racine a également été utilisée dans la fabrication d'une boisson, la racinette ou root beer.


Bienfaits


La salsepareille possède une action anti-inflammatoire et purifiante. On l'utilise particulièrement contre les affections cutanées comme l'eczéma et le psoriasis, et elle contribue au traitement des rhumatismes, de l'arthrose et de la goutte.

  • Elle contient 1 % à 3 % de saponines stéroliques, telles que la sarsapogénine, qui pourrait avoir une action sur certaines hormones de l'organisme. Elle produit un effet tonique, en favorisant la production d'hormones sexuelles chez l'homme, et en provoquant une augmentation de la masse musculaire.

  • Elle contient également des phytostérols, tels que le beta-sitostérol, environ 50% d'amidon, de la résine, de l'acide sarsapique et des sel minéraux. Tout cela contribue probablement aux nombreux effets thérapeutiques de cette plante, parmi lesquels des études ont également démontré un effet anti-inflammatoire et une action protectrice du foie.

  • (Lire la suite:

  • http://www.masantenaturelle.com
    Source: Ma santé naturelle)

 

  • Autre fiche sur mon Guide des plantes médicinales, Delachaux et Niestlé :


  • Salsepareille, all. : Sarsaparillawurzel; angl. : sarsaparilla.

  • Description : lianes géantes de l'Amérique centrale qui grimpent sur des arbres de 40 m à 50 m de haut. Leurs grandes feuilles sont cordiformes et leurs fleurs, petites et insignifiantes, forment des baies rouges. On emploie les racines et le rhizome.

  • Propriétés : La sarsapogénine rehausse la valeur des médicaments et des aliments en activant la résorption et tout le métabolisme. Diurétique, diaphorétique. 

  • Applications, préparation : autrefois employé contre les maladies de peau et les rhumatismes. Actuellement, l'industrie alimentaire s'en est emparée et en fait un large emploi, pour former une belle écume, dans les boissons sucrées, jus de fruits, limonades et surtout dans la bière.

Autre fiche sur une revue achetée au Musée de la médecine maya, à San Cristobal de las Casas, Mexique, sur lequel je reviendrai plus tard (La Herbolaria en el centro de Mexico, guias practicas, México desconocido).

 

Je traduis :

 

Zarzaparilla. Smilax spp Smilacaceae.


Distribution géographique : Hidalgo, Michoacan, Puebla, Veracruz.

 

Plantes grimpantes, sur quelques espèces, tiges avec des épines; feuilles ovales lancéolées, aux veines marquées; fleurs de couleur blanche en grappes; fruits globuleux de couleur noire.

 

Utilisation médicale : traitement de la syphillis; on prépare une décoction de la racine et on donne à boire. On utilise aussi la salsepareille pour purifier le sang en préparant un thé avec les tiges.

 

 

Ainsi, me demandè-je, comment se fait-il qu'un directeur de recherche anthropologique en Amérique latine ne connaisse pas les utilisations médicinales à la fois chez les Mayas et leur importation en Europe il y a quelques siècles? Mystère. L'année passée, j'avais trouvé sur un petit marché de village un vendeur de plantes médicinales et je lui avais acheté un sachet de salsaparilla contre les rhumatismes. C'est vrai que je ne l'ai pas ouvert parce qu'il me paraissait vieux et qu'il faut faire une décoction assez prononcée. Mais bon, on en a entendu parler au moins!

 

Les herboristes mayas ont encore de beaux jours devant eux, et c'est tant mieux.

Prochains articles sur les richesses du Guatemala, ambre, cacao; et sur le Musée de la médecine maya au Mexique.

 

 

IMGP4744Guatemala fertile!

 

Claude Amour

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 18:27

A livre ouvert 


 

Second séjour au pays des Mayas, cette fois-ci cinq semaines, pour effectuer un périple à travers le Guatemala, le Mexique et le Belize. Ayant un peu révisé mon espagnol, j'ai pu mieux communiquer avec la population et cultiver les rencontres.


 ( Parenthèse nécessaire : le Guatemala est un pays pauvre, corrompu, discrimatoire envers les ethnies mayas, violent et politiquement proche d'une dictature; cela dit je ne ferai pas d'autre commentaire sur la situation géopolitique de ce pays; je ne parle ici que de ce qui concerne la nature et l'herboristerie.)

 

Tout commence avec un livre, une nouvelle fois : mon frère m'offre pour mon anniversaire une flore du Guatemala. Le livre s'intitule Plantas de los bosques montanos, Guatemala, sous-titré en anglais Plants of the montane forests, d'Ana Lucrecia de MacVean, 2009. C'est une flore bilingue avec des photos dont le classement se fait par la couleur des fleurs. L'auteur est une botaniste chercheur de l'Institut de recherche de l'université de Guatemala City. Elle a récolté, étudié et identifié les plantes pendant quinze ans dans diverses régions du Guatemala. 

 

"Elle collabore avec plusieurs institutions internationales de botanique, telles que le Museum national d'histoire naturelle de Smithsonian; le Jardin botanique du Missouri, le Museum d'histoire naturelle de Londres. (...) Elle enseigne la botanique et collabore à la conservation du pin urbain et des forêts de chênes."

 

Lien avec UVAL, institut de recherche universitaire en botanique :

 

http://herbario.uvg.edu.gtlink

 

Enchantée de cet ouvrage, je décide aussitôt d'essayer de trouver les autres oeuvres du même auteur, mais dans la plus grande librairie de Guatemala-ville je ne déniche qu'un seul livre : Plantas utiles de Solola, Guatemala, 2005. Il n'y a pas de photos de plantes, seulement des dessins, mais cependant il est magnifique lui aussi.


 

Herbier


 

Ces deux bibles me donnent l'idée de faire un herbier au fur et à mesure que nous voyageons, ce qui sera une grosse affaire. Déjà trouver le matériel (journaux, planchettes, ficelles) en déplacement perpétuel n'est pas facile, mais surtout le nom des plantes n'est jamais sûr, varie d'une région à l'autre au Guatemala, de même au Mexique. Nous avions prévu un circuit de trois semaines, et je pensais que les plantes sécheraient vite. Malheureusement, ce ne fut pas le cas : au contraire, les nuits étant fraîches en montagne, les chambres d'hôtel non chauffées, au bout d'une semaine les fleurs collectées sur la côte pacifique commencèrent à moisir. J'en ai jeté les trois quarts!

 

Il a fallu toujours surveiller attentivement les plantes entre les feuilles de journaux qui étaient humides, changer les pages, enlever les exemplaires moisis. A l'arrivée en France, je n'ai pu conserver qu'une trentaine de plantes, et seule la moitié est identifiée sérieusement. Mais je ne désespère pas de cette première expérience, car elle m'a apporté beaucoup de choses.

 

D'abord, regarder la végétation tout au long du chemin, c'est une façon différente de voyager; la lecture du paysage décrypte la vie des habitants, en montagne, la forêt humide parsemée de parcelles de maïs, plante de subsistance des Mayas; dans la vallée, les cultures maraîchères, les fruits sur les marchés.

 

 

 

IMGP4844

 

Vente en gros de choux à Zunil, Guatemala

 

 

 

Et puis demander à quelqu'un le nom d'une plante ou d'un arbre ou d'un légume ou fruit est un bon début de conversation. J'ai discuté ainsi avec le propriétaire de l'hôtel Jardin de la Selva, à El Remate, où nous avons passé le réveillon du Nouvel An; les petits pavillons des chambres étaient dispersés dans un terrain boisé en pente au bord du lac de Flores, les arbres étaient magnifiques et les plantes à foison.

Au fil de l'échange, nous découvrons qu'il est garde-forestier à Tikal, dans le Peten, dans la zone protégée reconnue patrimoine universel par l'Unesco ; il travaille vingt jours d'affilée dans la forêt puis il rentre chez lui huit jours. Les gardes sont mal payés, nous dit-il, ils n'ont pas d'uniforme, pas d'équipement suffisant. Ernesto se plaint de la mauvaise considération des gardes-forestiers par l'administration, le gouvernement. Il sait que son travail de lutte pour la préservation de la forêt tropicale est important, pour les hommes, pour l'humanité, dit-il.


Les subventions pour cette réserve sous label de l'Unesco arrivent de toutes parts, y compris de grandes ONG internationales, mais les Guatémaltèques détournent l'argent. Les narcotraficants menacent la forêt car ils font du défrichement pour blanchir l'argent de la drogue. Ils amènent de gros engins, coupent tous les arbres puis mettent le feu; après ils construisent sur le terrain.

 

IMGP5106  IMGP5107

 

Vue du lac de Flores                                                                                                                                             Restaurant de l'hôtel

 

 

 

Ernesto a un projet : monter une association de gardes-forestiers de la forêt tropicale intercontinentale, trans-Amérique, de façon à interchanger les gardes régulièrement. Cela permettrait une meilleure surveillance des aires protégées et des propositions différentes pour le travail.

Ernesto déclare qu'il connaît les plantes médicinales dans la forêt, il s'en sert depuis toujours et il a même enseigné à un docteur, Dr Paul, la connaissance de certaines plantes sauvages. Ce botaniste a publié là-dessus un livre mais Ernesto ne peut pas me le montrer ici. Il me parle de quelques-unes, en particulier de la contrahierba, souveraine contre les morsures de vipère.

Je vérifie quelque temps après sur Internet.

 

Fiche signalétique de la contrahierba, traduite de l'espagnol

 

Nom scientifique : Flaveria bidentis (L.), Kuntze

 

La contrahierba est une plante annuelle sudaméricaine de la famille des Astéracées, genre Tagetes.

 

Synonymes : Ethulia bidentis, L; Eupatorium chilense, Molina; Flaveria bidentis var. angustifolia, Kuntze; Flaveria bonariensis, DC; Flaveria capitata, Smith in Rees; Flaveria contrayerba, (Cav.), Pers; Flaveria peruviana, J.F. Gmel; Milleria chiloensis, R& P ex. Jussieu; Milleria contrayerba, Cav.; Vermifuga corumbosa, Ruiz y Pav.; Vermifuga corymbosa, Ruiz y Pav.

 

Noms vernaculaires: Mata gusano, figue, flaveria, cotra-erva, contrahierba, contrayerba.

 

Habitat : Plante sylvestre qui croît principalement en terrains humides ou près de l'eau. Se reproduit par graines.

 

Propriétés : Efficace comme vermifuge, excellent expectorant, sudorifique, emménagogue, diurétique, sert à désinfecter les blessures, plaies, piqûres d'insectes ou morsures de vipère (antivenimeuse). L'utilisation de la contrahierba comme antivenimeux doit être réservée aux premiers secours, consulter ensuite en urgence un médecin, afin qu'il donne un antidote.

Elle collabore à l'élimination des substances toxiques de l'organisme, et stimule les menstrues tardives. A cet usage, ne pas donner aux femmes enceintes.

 

Ainsi Ernesto avait raison, la contrahierba est une plante importante quand on est dans la forêt, à deux jours de marche de la maison des gardes!

 

Notes :


Hôtel Jardin de la Selva, Aldea El Remate, hotelcasadeernesto@gmail.com


Institut de recherche universitaire botanique:

http://herbario.uvg.edu.gtlink


Pour contacter Ana Lucrecia de MacVean : amacvean@gmail.com

amacvean@uvg.edu.gt


Contrahierba : recherche Internet : réf.: www.ecured.cu/index.php/contrahierbalink

 


(A suivre)

 

 

 

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 17:33

 

Fleurs

 

 

Le Guatemala, c'est aussi la terre des orchidées; à Coban, au centre du pays, nous avons visité un vivero, sorte de jardinerie-laboratoire, consacré spécialement aux orchidées. Il paraît qu'il en existe des milliers d'espèces, quelques-unes guatémaltèques; et là dans ce petit bout de terrain il y en avait seulement quelques centaines répertoriées et protégées.

 

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Orchis sp.

 

Les orchidées ne sont pas des plantes médicinales, cependant ce sont des plantes remarquables, rares et magnifiques à contempler. Le jardinier nous a donné à voir l'orchidée symbole du Guatemala, la Monja blanca, la blanche. Elle est symbolique parce qu'elle est rare, albinos et petite.

 

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La Monja blanca

 

Boissons

 

Entre autres richesses, le Guatemala est le 6e producteur mondial de café; deux espèces sont mentionnées par Nicolas dans son livre Plantes médicinales des Mayas Kiché : ce sont Coffea liberica et Coffea arabica, considérées comme plantes chaudes. Leurs propriétés sont celles que nous connaissons bien : tonique cardiaque, euphorisant, diurétique,  facilite le travail intellectuel et musculaire. Cependant demander un café dans un bar-restaurant est une aventure gustative : le "café amer", servi à l'intérieur des hautes terres, dans un immense gobelet, très dilué, avec des épices comme le piment et la cannelle, est pour le moins surprenant. Il peut contenir parfois des clous de girofle et des brins de verveine (propriétés médicinales déclarées : antibactérien, astringent, tonique du système sympathique).  Mieux vaut faire des provisions de paquets de café moulu pour boire à la maison. Le meilleur est celui à la cardamome.

 

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Plantation de café

 

 

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Plantation de cacao

 

 

Comme le café, le cacao fait la réputation du Guatemala. Les plantations  sont disséminées sur l'Altiplano et la récolte est abondante dans ces terres chaudes. Traditionnellement les indigènes boivent le cacao dilué dans de l'eau chaude avec de la cannelle et du sucre. Il est reconnu médicinal et vénéré lors des cérémonies aux Coeur du Ciel et Coeur de la Terre. Ils commercialisent du chocolat noir à cuire très concentré. C'est une plante dite chaude.

 

Autre boisson très courante, le thé à l'hibiscus (ou rose de Jamaïque en espagnol) est offert à tous moments de la journée, chaud ou froid avec des glaçons. Hibiscus sabdariffa, dit karkadé aussi, est une plante fraîche en médecine traditionnelle maya; ses propriétés reconnues sont antibactérienne, sudorifique, diurétique, anticholestérolémiante; elle est donnée contre les infections urinaires, la constipation et les colibacilloses.

 

Epices

 

La cardamome pousse toute seule au Guatemala, mais elle est destinée à l'exportation vers l'Europe et l'Orient car les indigènes ne la consomment pas. Cette épice est chez nous couramment ajoutée dans la confection des tisanes digestives, des desserts, crêmes et gâteaux. On peut mettre quelques grains dans le thé également. C'est une épice digestive et tonique.

 

 

La cannelle est l'épice incontournable du pays; on la trouve dans les boissons, les plats sucrés et salés; elle est classée plante chaude.  Elle est médicinale contre la grippe, antibactérienne, anti-infectieuse, tonique et stimulante, recommandée des deux côtés de l'Atlantique.

 

Légumes

 

Les légumes sont abondants et bon marché, c'est la base de la nourriture des Guatémaltèques. On trouve des avocats de bonne taille savoureux, des radis de couleurs diverses, des melons et des pastèques énormes très sucrés. Mais il y a aussi des tas de légumes inconnus pour nous Européens, qui feront l'objet d'une étude particulière lors du prochain voyage. 

 

 

Pour finir mon reportage sur les plantes médicinales au Guatemala, je recommande l'acquisition du guide Moon, qui est plus complet que celui que j'avais.

Il y a un jardin botanique à Guatemala City, mais il était fermé au moment de notre séjour.

Les musées de la capitale sont intéressants, j'ai visité le musée Popol Vuh qui rassemble les vestiges des sites archéologiques mayas et qui retrace l'histoire des civilisations indigènes depuis la paléontologie.

 

L'artisanat du pays est magnifique.

  

Asociacion de artesanas de tejidos ecologicos, Teixchel, San Pedro la Laguna, teixchel@gmail.com

Cooperativa San Antonio Palopo.

 

  Claude Amour

(Textes et photos)

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 18:48

 

 

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Incantations lors du 13e Baktun

 

Le mal et le remède

(résumé du livre de J.P. Nicolas, Plantes médicinales des Mayas Kiché du Guatemala)

 

 

Dans l'organisation du monde maya (kiché), la maladie est désordre pour l'individu mais aussi pour la communauté.Les réponses sont alors d'ordre naturel mais aussi surnaturel, car le corps est relié à l'univers. Un déséquilibre de l'un entraîne un déséquilibre de l'autre. Le système de soins occidental qui ne tient pas compte de cette vision du monde est jugé incomplet et insuffisant. Dans le monde maya, plusieurs catégories de praticiens se relaient pour prendre en charge un malade : les prêtres et les devins pour le surnaturel (ou l'esprit); les sages-femmes, rebouteux et guérisseurs pour le naturel (le corps). Les tradipraticiens sont des personnes de caractère neutre, dit frais.

 

Le prêtre a la charge des maladies surnaturelles ou de la part surnaturelle des maladies. Celles-ci sont jugées principalement froides, c'est pourquoi il emploie surtout des plantes chaudes ou très chaudes, au caractère "magique", comme le tabac.

Le rebouteux s'occupe des traumatismes du squelette et des articulations tels que fractures, entorses, foulures et hématomes. Ces maladies sont répertoriées froides et ils emploient surtout des plantes chaudes.

Le guérisseur prend en charge toutes les autres formes de maladie de la chair, qui peuvent être chaudes ou froides.

La sage-femme s'occupe des femmes et des enfants en bas âge. Elle a un pouvoir temporel et spirituel important et transmet les valeurs traditionnelles dans la société civile. Le corps de la femme est considéré comme frais avec une tendance chaude en dehors des périodes associées à la maternité. La sage-femme maîtrise tout particulièrement le chaud, ce qui lui permet d'accompagner les femmes enceintes, de nettoyer l'enfant nouveau-né et d'évacuer le sang des couches, assurant ainsi la pérennité du groupe. 

Ainsi la classification chaud-frais-froid tient une place centrale dans le système médical mais elle est aussi le miroir d'une base idéologique de la société. La position de l'homme est analogue à celle du maïs, en équilibre entre le chaud et le froid, produit du rapport de la terre et du ciel.

 

 

IMGP3570

Musa x paradisiaca, banane plantain, plante fraîche

 

 

Exemples de classification de plantes médicinales communes 

 

En catégorie chaud:

Achillea millefolium, Allium cepa, Anethum graveolens, Artemisia absinthium, Capsicum frutescens, Cinnamomum zeylanicum, Coffea iberica, Olea europae, Rosmarinus officinalis, Theobroma cacao, Zingiber officinalis...


En catégorie frais :

Citrus sinensis, Faba vesca, Hibiscus sabdariffa, Mentha sp., Rosa chinensis, Zea maïs...


En catégorie froid :

Brassica oleracea, Citrus sp., Datura candida, Hordeum vulgare, Malva sylvestris, Passiflora ligularis, Verbena...

 


Témoignage de la touriste européenne, diplômée ARH


Dans les petites villes et les gros bourgs kichés (Uspantan, Coban), autour de Chichicastenango, il y a quelques boutiques du nom de pharmacie, mais on y vend de tout, surtout des cigarettes américaines! En revanche sur les marchés journaliers, on trouve des tas de plantes sèches en sachet, avec leur nom espagnol ou pas, vendues par toutes sortes de personnes, sur des étals de fruits et légumes, quelquefois sur un étal approprié.

 

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Marché de Chichicastenango


Ainsi j'ai acheté El té de zarzaparrilla, la salsepareille, qui annonce les mêmes propriétés qu'indiqué dans le livre de Michel Pierre et Michel Lis, Au bonheur des plantes, Au Pré aux clercs; mais les morceaux de  racines sont plutôt rouges, et donc de qualité mexicaine, selon les Michels (Smilax regelii, nom espagnol Zarsaparilla, plante froide ou fraîche). Elle est recommandée pour les rhumatismes, l'artrite, les infections urinaires, et dépurative par excellence, ce qui convient pour les affections de la peau. On utilise le rhizome en décoction, pour nettoyer le sang. La plante ne présente pas de toxicité pour un emploi modéré.


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J'ai acheté aussi El palo de valsamo, à cause de l'étiquette qui annonce un remède contre les rhumatismes et l'artrite (mon problème) ; après des recherches sur Internet, j'ai trouvé que l'écorce du baumier du Pérou était un remède traditionnel indigène contre les douleurs des os, en décoction trois fois par jour; mais je n'ai pas encore goûté.


IMGP3759

J'ai fait une décoction du Té de pasiflora (Pasiflora ligularis,J., plante froide), en tisane le soir, et c'est très bon. J'ai trouvé des feuilles de boldo (Pneumus boldus), et j'étais contente car c'est cher et rare en France, sans indication, mais le marchand m'a expliqué que c'est bon pour le foie et la digestion, ce que je savais déjà. Enfin, j'ai acheté quantité de Hibiscus sabdariffa, en espagnol Rosa de Jamaïca (plante fraîche), plus connu sous le nom de karkadé  parce que c'est délicieux en boisson à toute heure de la journée, chaud ou froid (antibactérien, sudorifique, diurétique, anticholestérolémiante, uricosurique, digestif).

 

L'absence des noms latins rend difficile l'identification des matières médicales et il faut avoir de bonnes connaissances en botanique tropicale et en espagnol pour comprendre de quoi il s'agit. La prudence est de mise en ce qui concerne les plantes sèches autant que pour les légumes colorés et inconnus, les fruits magnifiques aux saveurs étonnantes. J'avais acheté un sachet de Ajenjo, mais je ne me rappelais plus ce qu'avait dit le vendeur. J'ai cherché dans le livre de Nicolas et j'ai fini par trouver que Ajenjo signifiait Artemisia, mais il y a deux variétés, soit mexicana, soit absinthium, les deux ayant les propriétés similaires : tonique amer, stimulant de l'appétit, cholérétique, anti-inflammatoire, antispasmodique, tonique du système nerveux central; les feuilles sont très amères au goût, ce qui orienterait plutôt vers l'absinthe.

Quelquefois le marchand ne parle même pas espagnol. Les explications pour les touristes curieux comme moi se résument à des démonstrations gestuelles et odorantes, désignation des organes visés, indication sommaire de préparation.

Par ailleurs, je recommande le délicieux arroz con leche, sorte de riz au lait très chaud fortement dilué, sucré et agrémenté de bâtons de cannelle, que l'on boit dans un grand gobelet à toute heure de la journée et du soir, quand on trouve une vendeuse dans la rue; hum! Et aussi au petit déjeuner, le mosh, bouillie de flocons d'avoine à la cannelle également, chaude et sucrée, bien nourrissante! Les tortillas sont partout, sur tous les étals, dans toutes les mains féminines qui les font danser au soleil avant de les aplatir sur le comal, la plaque chauffante où l'on fait la cuisine. L'accompagnement est varié en légumes, viande, ou condiment et accomplit le rite du maïs, la plante sacrée.

 

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Le ceiba (kapokier), arbre symbole du Guatemala

 

  Claude Amour

  (textes et photos)

(A suivre)



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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 21:35

IMGP3354

Guatemala, terre de volcans

 

S'envoler pour le Guatemala pendant les fêtes de fin d'année, c'était  un rêve, c'est devenu une réalité en décembre 2012, juste au moment du 13e Baktun, la nouvelle ère maya. Dans l'ignorance profonde de ce pays et de ce peuple d'Amérique centrale, rechercher quelques sachets de plantes médicinales sur les marchés et dans les officines de pharmacie paraissait une démarche possible à la rencontre de la pensée et de la civilisation mayas.

 

Dans la seule librairie de la capitale où l'on puisse trouver des livres en édition étrangère, je suis tombée sur le livre indispensable : "Les plantes médicinales des Mayas Kichés du Guatemala", de Jean-Pierre Nicolas, aux éditions Ibis Press.Tirée de sa thèse de doctorat, c'est en fait une étude ethnopharmacologique de la pharmacopée traditionnelle des Mayas Kichés, peuple du centre du pays. Mieux qu'un guide touristique, c'est une voie d'initiation vers la civilisation maya à travers son histoire jusqu'à ses coutumes, ses symboles, ses croyances, et donc sa médecine traditionnelle vivante. Ce fut ainsi un plaisir et une aventure de lire ce livre et de découvrir le pays et son peuple en même temps.

IMGP3763

 

Guatemala signifie "terre des arbres" en nahuatl, car la forêt tropicale est luxuriante et impressionnante. Le climat chaud et humide est tempéré par l'altitude des chaînes de montagne (Guatemala city est à 1500 m, les plus hauts sommets à 3000 m); deux saisons alternent, une sèche et une pluvieuse). Cependant la forêt tropicale est en recul incessant devant les cultures d'exportation (ananas, bananes, huile de palme, fruits, etc.) et la culture traditionnelle du maïs. Le maïs est à la fois le symbole de cette civilisation et la base de l'alimentation indigène avec les haricots noirs et le piment (cf "L'Homme de maïs", de Miguel Angel Asturias). Les Kichés sont l'ethnie majoritaire du Guatemala, qui en compte plus de cinq. Ce sont pour la plupart des petits paysans vivant dans la montagne et ne connaissant que la médecine traditionnelle. "La terre est le support du maïs, de la culture, de la communauté et de la famille", écrit Jean-Pierre Nicolas.

 

Bien que subissant de tous temps une forte discrimination raciale, les Mayas Kichés cherchent à faire vivre leurs savoirs ancestraux, et d'ailleurs les moyens de communication rudimentaires dans la sierra expliquent le maintien des pratiques médicales locales. La pauvreté de la population est grande, les installations sanitaires disséminées, les pharmacies vides, les hôpitaux rares et la méfiance tenace et partagée.

IMGP3332Cérémonie du 13e Baktun

 

L'étude de Jean-Pierre Nicolas rend compte d'une perspective ethnopharmacologique de l'aire maya doublement intéressante pour le voyageur : d'une part, pour l'histoire du pays, d'autre part, pour établir des convergences avec l'usage reconnu des plantes médicinales européennes.

Les relations des Mayas Kichés avec leur environnement sont classées suivant les catégories chaud/frais/froid, dans laquelle entrent les plantes alimentaires et médicinales, les animaux ainsi que les matériaux, les quatre éléments, les couleurs, le temps et les lieux. La dichotomie chaud/froid est considérée par certains scientifiques comme proche de la théorie des humeurs selon Hippocrate, pour d'autres elle est universelle, le dualisme faisant partie intégrante de la pensée humaine.

La conception du monde selon les Mayas est celle de l'opposition des contraires, qui organise l'univers et explique sa diversité, son ordre et son mouvement."Le ciel et la terre, le chaud et le froid, la lumière et l'obscurité, l'homme et la femme, la force et la faiblesse, le haut et le bas, la pluie et la sécheresse... sont en même temps des paires polaires et complémentaires. (...) L'homme est au centre de l'univers. L'équilibre et l'harmonie sont fondamentaux pour assurer la santé, non seulement du corps humain mais du corps social tout entier." (Nicolas)


Le corps humain est considéré dans son état normal comme frais. La maladie est le résultat de la perte d"équilibre entre le chaud et le froid, l'excès de l'un ou de l'autre. Le corps récupère son équilibre par une alimentation, une médication et une hygiène environnementale correspondant à la qualité opposée de la classification chaud/frais/froid de la maladie et situé dans un continuum chaud/frais/froid. Le classement des plantes médicinales dans cette organisation s'effectue en fonction de l'espace et du temps puis de l'état sauvage ou domestique. Celle qui croît sur la montagne se rapproche du soleil, de Dieu, est chaude; à l'inverse, celle qui est près ou dans l'eau, à l'ombre, dans le bas, est froide. Il y a toutes sortes de nuances et de variations des états des plantes mêmes que je ne peux résumer ici, et pour lesquelles je renvoie à l'étude du livre passionnant de Nicolas.

Pour maintenir son équilibre dans le cosmos, l'homme doit maîtriser l'équilibre de son alimentation. Trois repas dans la journée sont institutionnalisés autour du maïs, qui est considéré comme substance sacrée. La cuisine réside dans la maîtrise du chaud, le repas cuisiné permet à l'organisme de se maintenir en bonne santé.


IMGP3343

Résistance organisée à Iximché

 

Claude Amour

(textes et photos)

 

(A suivre.)

 

 

 

 

 

 

 

 

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