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20 novembre 2018 2 20 /11 /novembre /2018 14:42

Mai 2018

 

Odyssée chamanique

 

 

En partant pour cette troisième rencontre, j'espère retrouver quelques repères qui me relient au groupe chamanique des années précédentes, plus particulièrement à "mes" chamanes, et à la découverte du thème retenu cette année axé sur les rites de la fertilité.

 

L'atterrissage est surprenant, il a neigé la veille, il fait froid, le plafond céleste est bas et le campement étrangement silencieux malgré un nombre important de tentes, de voitures, de camping cars venant de toute la France.

Une heure avant l'ouverture de l'odyssée, il y a tout à coup un déferlement de gens plus pressés les uns que les autres pour accéder au bureau des rencontres et régler les dernières formalités qui sont elles bien de ce monde... Les derniers préparatifs concernent notre installation ; pour la première fois je suis dans une chambre seule et pour tout dire soulagée de l'aubaine.

Dans peu de temps nous allons accéder à une dimension plus cosmique en ce sens que tout va s'organiser autour de la roue de médecine et des 4 cadrans : E, O, N, S.

J'embrasse d'un regard aiguisé la composition de la roue, beaucoup plus dépouillée que les autres années, manquant de « peps » et plus ou moins confondue avec la prairie. J’espère que le Grand Esprit n'en prendra pas ombrage.

En fin de matinée une éclaircie nous accueille en file indienne, dans un silence tacite, respectueux et pour beaucoup interrogatif : Que va-t-il se passer, que doit-on faire ou éviter ?

Nous sommes très peu de fidèles des odyssées précédentes et du coup nous nous reconnaissons et certains de nos chamanes nous adressent un petit signe de connivence.

 

Tirer une plume

 

Pour nous introduire en tant que participants nous devons tirer une plume prise au hasard dans quatre sachets différents représentant les quatre directions. J'ai tiré une plume de l'ouest où je suis affectée avec une douzaine de compagnes ou compagnons, le but étant de passer chaque jour dans un cadran différent pour découvrir tous les aspects de notre quête intérieure, évacuer les tensions, prendre acte de notre identité. Bref, admettre que nous sommes venus faire un tour de piste à notre rencontre en puisant toute l'énergie véhiculée par les chamanes, par le groupe et la grâce du lieu. Merci à la Terre mère au Père ciel et aux différents éléments susceptibles de nous régénérer.

 

La première journée est consacrée aux présentations des uns et des autres et à la découverte de nos chamanes respectifs ; c'est toujours un moment émouvant où l'on s'éprouve mutuellement à travers chants, danses, paroles.... La séance découverte qui nous lie pour quatre jours avec les mêmes partenaires n'est pas toujours à notre gré mais souvent fructueuse; d'emblée je repère une jeune fille rousse très vieille France - qui me semble très vivante et naturelle; c'est vivifiant... Puis un jeune homme « beaucoup » plus solitaire dont le côté distancié parle pour lui plus intensément que s'il confiait un secret. Enfin encore plus étonnant, un grand « ado »dégingandé dont l'esprit vaque très loin de son corps. Je vais faire un bout de chemin avec ces trois-là.

 

Côté chamanes, je reconnais, bien sûr, ceux qui pour une raison où une autre ont pu me toucher, me déstabiliser, m'éclairer... Je suis sur le qui-vive dans les trois cas de figure !

Eric -Moudouma- l'ennemi potentiel, pourquoi et pour combien de temps ?

Elima - grand-père africain très apaisant, conciliant, solaire.

Pahana - l'homme-serpent avec qui je ressens des affinités électives dans l'esprit chamanique (totémique).

 

Chez les femmes, je suis chaque année bouleversée par Vera (la transe sibérienne) dont le regard magnétique vous cloue sur place ou vous expédie dans la Voie lactée...

Cette année je suis émue de rencontrer une GHISLAINE qui semble très chaleureuse, expansive (confirmation au fur et à mesure).

Enfin, comme l'an passé touchée au cœur par la grâce et la fluidité de Marie, je souhaite faire un totem de son âme puissante. Que le Grand Esprit m'aide dans cette voie qui est probablement ma voie(x) chamanique...

Dans les jours suivants - je perds la notion du temps temporel qui m'affecte peu dans ce contexte - je déroule les signes ou les signaux majeurs qui m'ont été envoyés pour dévoiler ce qui me paraît primordial : la découverte de la journée danse africaine avec Céleste et Célestin : tout est harmonieux ; leur gestuelle, la musique, la mélodie de leurs voix enveloppantes ; tout nous porte et nous transporte dans un monde où règne un véritable amour d'autrui. On devine un accord aussi céleste que leurs prénoms dans l'engagement et l'offrande qu'ils nous en font - une belle très belle journée à partager avec tous les humains de la terre.

L'Afrique toujours avec Grand-père Elima : même scénario - mêmes sensations de plénitude; les gestes sont ronds et gracieux, les pas rythmés sur l'inspir et l'expir, ainsi va la vie pleine de soleil africain.

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La hutte de sudation

Pas de chamanisme sans hutte de sudation! C'est toujours très spectaculaire et éprouvant pour les participants dont je ne fais pas partie (pour raison de santé), mais je suis chaque fois aux premières loges, au pied de la tente, près du feu et du tertre sacrés où nous pouvons déposer un objet à consacrer. J'ai apporté une statuette de femme chamane qui m'aide à être ancrée dans la cérémonie; certains sortent très épuisés ou bouleversés... C'est très impressionnant! Nous avons tous conscience dehors et dedans que le mystère du Grand-père Esprit a imprégné la cérémonie.

Entre les différentes « épreuves » nous prenons nos repas à tour de rôle mais en groupe pour faciliter la cuisine; ces repas sont toujours très animés, la plupart végétariens, et consacrés par une bénédiction du personnel des cuisines. Ce rituel est tangible dans la qualité des aliments et dans le respect de la Terre-mère nourricière.

Un certain jour de cette odyssée je sais que je vais être confrontée à mon ennemi potentiel. J'appréhende la rencontre inévitable, tempérée cependant par la présence de Ghislaine (chamane) qui veille au grain; je devine que certains chamanes ont évoqué mon penchant récalcitrant et qu'il va sans doute se passer un événement pour me faire plier !

 

En cercle nous nous préparons à une cérémonie qui consiste à se toucher, pousser, enlacer dans un duo ponctuel où chacun peut agir où se laisser porter... par le mouvement. Me voilà enveloppée dans les grands bras de mon ado dégingandé (« mon Emmanuel ») au sens biblique du terme! Merci au grand-père de m'avoir envoyé ce cadeau. Plus tard me voila secouée comme un prunier par quelqu'une qui ne présente sans doute aucune affinité avec moi. J'ai eu les deux attitudes opposées sans doute pour me rappeler combien je peux être moi même sujette à ces deux extrêmes !

Plus tard dans la même configuration voilà l'ennemi n°1 qui propose que nous ramassions des brindilles ficelées à notre guise pour faire une expérience. Quand il arrive à ma hauteur je devine qu'il me prépare « un tour de bâton ». Il met le feu aux brindilles, me demande d'ouvrir la bouche, ce que je fais, il met la brindille dans ma bouche en riant et en disant : "je vais lui faire danser le rock!" La brindille s'éteint au contact de ma salive, je ne danse pas, il ne rit plus ; tout le monde est gêné... Fin de l'intermède! Sur ce, l'après-midi se termine en beauté - si l'on peut dire.

Dans la soirée, j'ai renoncé à comprendre où Eric voulait en venir. La guerre est finie. Place à une soirée festive où apparemment tout le monde se précipite avec beaucoup d'allégresse. La salle est bondée; il règne une atmosphère vibrante. Chacun paraît suspendu à l’événement, assis, debout, couché, uni dans une sorte de communion païenne. IMPROMPTU - voilà que débarque une clown bien en chair qui traverse en diagonale la foule, affublée d'une barboteuse, d'un nez rouge et tout à l'avenant ; éclats de rire, applaudissements, devant ses nombreuses facéties, jeux de mots, gesticulations ; totalement inattendu, désopilant, c'est une chamane OVNI : une clown sacrée. Toute la salle est euphorique ; c'est la grande fiesta du rire libérateur.

Dans la même soirée, Elima et Vera dans un duo improbable : Elle, chantant des mélopées gutturales, alternant des sons rauques, lui susurrant des paroles d'amour très comiques, syncopées, un duo de froid et de chaud très beau et très surprenant dans ce contexte.

Les chamanes se dévoilent!

C'est une découverte pour beaucoup d'entre nous qui pourrait s'intituler: les chamanes se dévoilent. Inoubliable! Une véritable potion magique. Je vais me coucher complètement chamboulée. J'ai conscience que j'appartiens à ce monde où le merveilleux côtoie le quotidien, où le symbole prend tout son sens ; je sais enfin pourquoi je crée des totems depuis dix ans. Je viens rejoindre mon clan pour être en osmose avec mes frères en « folie douce ».

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Tout se confond dans un espace-temps qui après coup nous raconte l'histoire autrement. Tout à coup un flash sur Kaz : un ancien moine shaolin qui enseigne le rituel du feu sacré entre autres... Kaz et ses tenues tirées à quatre épingles, son rituel tout aussi millimétré, son regard très fixe, sa densité émotionnelle sous un aspect très lisse et le temps suspendu pendant ses interventions; à ses côtés son épouse qui « épouse » son êtreté pour en exprimer toute la noblesse - ça pourrait évoquer un jeu de marionnettes initiatiques. Kaz en dirait sans doute autre chose...

Dans un autre lieu, à un autre moment, notre groupe est pris en charge par la chamane clown, habillée simplement pour nous inviter à un nouveau rite. Là encore surprise : la salle est remplie de matelas en éventail ; au centre des cuvettes, de l'eau, des huiles essentielles, des torchons... Bref ! Rituel lavage de pieds à tour de rôle ; nous sommes dans le retour aux sources bibliques œcuméniques, chamaniques - c'est le pied! Je reviens, nous revenons aux origines par la force des choses ; envie, pas envie… Nous sommes tous OK pour admettre que cette chamane-là accomplit son devoir sacré dans la joie et une grande générosité. Le Grand Esprit doit approuver tous ses actes.


 

Tous ses rituels se passent en simultané avec d'autres dans différentes salles ou à l'extérieur. Parfois il y a une certaine cacophonie qui demande de suspendre notre attention ponctuellement... On surprend de temps en temps des manifestations dérangeantes, des cris, des pleurs ou des mouvements d'humeur mais dans l'ensemble il règne une certaine unité.

L'odyssée touche à sa fin ; nous allons nous préparer pour la participation au rituel de la fertilité orchestré par Anja et deux comparses islandaises (mère et fille) - ça promet d'être folklo !

Grande réunion de nous tous dans la prairie; nous sommes séparés en deux groupes, les hommes d'un côté, les femmes de l'autre; les hommes doivent creuser un trou suffisamment gros pour recevoir un arbre étêté; pendant que les hommes sont occupés à creuser le trou, nous les femmes allons cueillir des fleurs pour les tresser autour du tronc; puis les hommes partent en groupe et en chantant récupérer l'axe du monde; les commentaires grivois vont bon train; l'ambiance rappelle un peu le camp scout et les années «baba». Elima y va de son discours, suivi de chants divers et variés, d'explications islandaises traduites par Anja, de danses spontanées et de l'arrivée des hommes qui portent l'arbre sur leurs épaules et viennent le clouer au fond du trou; les femmes le décorent pour lui rendre hommage. Tout est en ordre. Le rite de la fertilité vient manifester l'union sacrée de l'homme et de la femme; c'est un grand moment jubilatoire pour nous tous et pour ce lieu qui nous restaure dans notre intégrité humaine.

DEMAIN est un autre jour !

Dernier jour de ce périple dans la roue de médecine et dans cet endroit propice à la rêverie et à la métamorphose...

Nous allons nous séparer sur l'accomplissement du rituel du couronnement; chacun et chacune se dispersent dans la nature pour créer la couronne qui lui convient afin de l'offrir à un autre partenaire au hasard ou selon le bon vouloir de l'esprit... Quand nous avons terminé notre couronne nous venons la poser au centre du cercle en attendant que les chamanes investissent le centre à leur tour; pendant que nous tournons dans un sens, ils tournent dans l'autre; nous nous arrêtons à un moment X en simultané avec un chamane qui va nous couronner. C'est Pahana qui pose la couronne sur ma tête en riant: c'est parfait, dit-il ! C'est chamanique : lui, a posé la couronne, moi je vais lui offrir son totem.

La boucle est bouclée pour cette odyssée 2018. Merci au Grand Esprit, à la Terre mère d'avoir consacré ces quatre jours de partage et de nous garder les uns et les autres pour une prochaine rencontre.


GHISLAINE FAURE

 

 

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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 18:16

 

 

L'Odyssée chamanique

 

Le village du lac

Mai 2016

 

 

 

            J'en ai beaucoup rêvé quelques mois auparavant...

            J'ai l'esprit vagabond et le cœur propice aux rencontres extravagantes.

 

            Dans l'esprit, un cercle magique inscrit au milieu du « Grand Tout », bien avant que je pousse mon premier cri.

            Dans la matière – une roue de médecine en majesté – encerclée par une nature âpre et sauvage ; un point de convergence d'un monde phénoménal peuplé de rêves, d'âme feu follet, d'inspirés ou de « rescapés » d'un quotidien sans foi ni loi.

 

            Il pleut des cordes grises et drues, il fait froid (atmosphère des « Hauts de Hurlevent »...).

            Nous sommes là, à la queue leu-leu, silencieux, concentrés, éberlués, vêtus de tenues improbables, de plumes, de tissus bariolés – échappés en vrac d'une planète non identifiée – un hic dans ce scénario intemporel : certains ont enfilé à la hâte des sacs-poubelle pour se protéger du vent mauvais et de l'humidité pénétrante.

 

            Nous avançons sur un rythme cadencé au son des tambours, dans une communion solennelle, en direction de la roue de médecine.

            Dans quelques instants nous allons tirer au sort pour savoir dans quel « cadran » commence notre quête – il y en a quatre (alignés sur les points cardinaux).

 

            Je suis aimantée par le Nord. Je me plante là, devant la porte qui symbolise le Nord et j'attends le chapeau ! Quelqu'un me fait remarquer que je n'ai pas à me placer là, d'autorité ; consciente que je suis à ma place, j'y reste ! Je tire un papier du chapeau... : c'est bien ma tribu d'accueil.

            J'hérite, nous héritons de Sophie Clémenceau, Roy Little Sun, Anja Norman et Stephen Wickaert.

 

            Chaque groupe reproduit à l'identique celui du voisin, au son des tambours entêtants, à l'intérieur de son espace dédié. L'émotion est palpable, le ciel plombé, le froid paraît se complaire au Nord...

 

            Nous déambulons, oscillons, hypnotisés par nos attentes réciproques, notre foi dans ce rituel, la beauté des gestes et du lieu.

 

            J'ai le sentiment prégnant que le chamanisme, c'est d'abord et avant tout cette complicité avec Le Grand Esprit qui s'invite au milieu du cercle, cette adhésion à la terre mère qui exulte à travers nos incantations, qui pulse en vagues déferlantes et bariolées à l'assaut du Moi Central, le tien, le mien, le nôtre.

 

J'ai perdu le Nord

 

 

            Déboussolée, j'ai perdu le Nord et « tu es » à l'ouest... Quelques têtes remarquables se distinguent du lot : Roy Little Sun (petit lutin solaire), Vera Shazhina (la transe sibérienne), Pahana (l'Homme-Serpent), Moudouma, Tiegnery..., puis au fil des jours des découvertes plus subtiles, des voix tripales, cristallines, envoûtantes (Fabienne , Poumi).

 

            Certaines affinités électives se dessinent entre les différents participants et les chamans – J'en suis secrètement imprégnée – Je perçois instinctivement des regards furtifs, l'impression de me fondre dans leur étrangeté, d'être happée par leurs yeux, leur présence !

 

            Savent-ils, croient-ils à cette incarnation cannibale qui absorbe leur densité et la restitue en une offrande œcuménique ?

 

            A la rupture du rituel, même le réfectoire semble sublimer sa fonction primaire ; c'est devenu un Haut Lieu de mixité social et animique.

 

            Assise, au milieu de cette tribu, j'écoute et m'imprègne des phrases lancées à la volée, rattrapées par le voisin, décortiquées, digérées, intégrées par le groupe. Présence à soi, présence à autrui, c'est ce qui est le plus tangible au fil des jours dans les différents cadrans, ou dans les rencontres informelles. L'espace est rempli par notre présence : celle des chamans, quêteur de rêves, procurateurs du Grand Esprit, passeurs d'espoir, paratonnerres.

 

            Deuxième, troisième et quatrième jours

 

            Il pleut beaucoup, il fait toujours aussi froid. Dans l'après-midi du deuxième jour, les chamans proposent une partie des rituels à l'intérieur. Nous regagnons la salle de présentation ; la nôtre, celle du Nord – nous y avons décliné, hier, notre identité, brièvement pour la plupart, intensément pour certains avec des larmes, du silence et des rires.

 

            Nous allons utiliser cette salle comme un sanctuaire dédié à un rituel de Passage – une corde (cordon ombilical), qui sinue et s'insinue d'une salle à l'autre à travers un couloir, nous amène à quatre pattes chacun avec son histoire, sa quête, son rêve – à traverser l'espace, passer sous un portique de branchages, pour ADVENIR – c'est beau, plus ou moins inquiétant, c'est magique !

 

            En ce qui me concerne j'ai du « vent dans les voiles » ; j'entends le vol des aigles autour de moi, leurs ailes me frôlent... Le sacre du printemps ; je suis dans ma tribu, à tâtons, sans respirer, je rampe à nouveau à travers des corps assis ou allongés, les yeux bandés ; je reste là, clouée au sol en mode déphasé. C'est long, c'est beau, c'est magique…

 

Deux heures plus tard, les yeux ouverts.

 

            Ils sont tous là, abasourdis, calmes, assignés dans la lumière. « Nos quatre chamans » sont alignés contre le mur – Nous nous regardons, puis nous échangeons à tour de rôle nos impressions avant d'aller déposer, vers l'autel consacré, un objet qui nous tient à cœur.

            Nous quittons la salle après avoir, selon nos désirs ou nos besoins, échangé avec un de nos guides.

            Chaque jour, troisième et quatrième, nous partageons le rituel de la roue de médecine en changeant de cadran, de chaman de référence et de partage : hutte de sudation, respiration holotropique, marche à l'aveugle dans la forêt, baignade dans le lac.

 

 

            Nous sommes totalement libres de participer à ces rituels, d'assister ou non aux expériences, aux soirées musicales ou aux contes. L'ambiance est fraternelle, les sens sont aiguisés, les points de vue affûtés, les réfractaires peu nombreux.

 

            Les repas sont d'excellente qualité ; beaucoup de soin, beaucoup de respect dans cet espace de hautes terres... Une peuplade dépareillée, étrange ; tous les âges sont représentés ; les témoignages près des feux sont touchants, authentiques ; pleurs ou cri de joie, chants, mélopées, incantations à l'unisson... Cœur qui bat la chamade au milieu des cœurs qui battent la mesure – Le Grand Esprit est là, bien présent – il fait, enfin, beau.

 

            Nous allons tisser du lien autour des mâts de « Reliance ». Tous réunis, en circonvolution – chacun un fil de couleur différent dans la main, dessus dessous, dessus dessous… Absorbés par la beauté des « cordelettes » tressées qui vont serpenter et au final « coiffer » le mât sous l’œil bienveillant du soleil et du Grand Esprit.

 

            Notre adhésion d'hier et d'aujourd'hui se concrétise.

 

 C'est enchevêtré, multicolore, multiracial.

 

           J'avance, je ne pense plus, nous avançons, je m'arrête, tu t'arrêtes, nous nous arrêtons – c'est « l'arrêt mission ».

 

            Demain est un autre jour.

            Demain c'est aujourd'hui – la cérémonie des adieux, orchestrée principalement par Roy Little Sun (roi des lutins solaires). Il porte son nom haut en couleur dans les sphères de l'architecture naturelle, grandiose et inaltérable.

 

            Il nous invite à danser nos adieux en vagues successives, en dessinant des huit à l'intérieur de la Roue accompagnés par le son lancinant des tambours. Vu du ciel, le Grand Esprit, le Grand Manitou doivent se réjouir de notre jubilation. Cette cérémonie revêt un aspect de fête païenne, où se mêlent nos derniers chants, nos derniers cris de joie, notre symbiose sous un ciel enfin bleu.

 

            Nous nous étreignons les uns les autres avec beaucoup de ferveur – Il est l'heure de se quitter.

 

            Merci à tous, à ces compagnons d'un jour, à ceux qui ont pénétré mon cœur et mon esprit pendant ces quatre jours. Merci aux enchanteresses, merci aux chamans, à leur ombre portée, à leur message subtil.

 

            Merci au ciel et à la terre d'Ardèche (terre d'audace)  haut lieu de l'Esprit et du Partage .

 

 A l'odyssée 2017

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Cadeau De La Terre

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